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Saleté

24/10/2026 Aucun commentaire

J’ai vu et même revu Une sale histoire d’Eustache (1977, 50 mns).
Je viens de lire Une sale histoire de Dostoievski (1862, moins d’une centaine de pages, traduction André Markowicz).
Je suis en mesure d’affirmer que les deux œuvres n’ont rien à voir. Hormis, tout au plus, la posture d’un homme qui se trouve là où il ne devrait pas et, les pieds dans le plat, embarrasse son entourage. Car il existe pour une histoire, de même que pour un personnage, plus d’une façon d’être sale.

Chez Eustache, nous sommes dans le gênant, le cringe comme on dit de nos jours, l’aveu sordide. La sale histoire est une histoire sale, et d’ailleurs le film est construit en miroir.

Chez Dostoievski, nous sommes dans la blague, la satire politique, le ridicule et le dérisoire dominent, y compris celui des bonnes intentions qui sont des convenances comme les autres. Tout est apparence, à commencer par les ambitions et les statuts. Un personnage est défini ainsi :

Il avait une place qui ne manquait pas de confort : il siégeait je ne sais où et signait je ne sais quoi. Bref, tout le monde le considérait comme le meilleur des hommes.

La sale histoire est un incident, un accroc dans le tissu, une mésaventure sociale, une comédie grinçante sur l’impossibilité de s’extraire de son rôle et de ses prérogatives de classe.

Peut-être, tous comptes faits, y a-t-il un autre point commun : les masques tombent, révélant une humiliante vérité, qui est que chacun de nous, aussi, a sa façon cachée, est sale à l’occasion.