Archive

Articles taggués ‘FV Live !’

La disquette et le métier

31/03/2024 Aucun commentaire

Je ne sais pas si cela m’était déjà arrivé… Le cas échéant j’ai dû finir dans un état tel que je n’en ai gardé aucun souvenir…
La semaine prochaine, je me produirai sur scène dans quatre concerts, avec quatre groupes distincts, pour quatre programmes n’ayant rien à voir.
Comme me le disait mon camarade Tofsac, plus coutumier que moi d’une pareille densité, usant d’une métaphore du siècle dernier strictement incompréhensible pour les moins de 40 ans, il suffit de « changer de disquette ». D’accord mais au bout d’un moment peut-être vaut-il mieux changer de métier. Je crois que j’en fais trop, des métiers. Heureusement, dans un peu plus de trois mois, j’en abandonne un, ouf. Ah mais attends c’était le seul qui me rapportait des thunes, zut. On ne peut pas tout avoir.
En attendant, je poste mon programme ici, ça me fera un agenda, car il est plus prudent de multiplier les agendas :
– Mardi 2, 19h, « Victor & Wolfgang alias Dizzy & Ella », duo avec Marie Mazille, Voiron, librairie au Bord du jour, dans le cadre du festival de jazz off.
– Jeudi 4, 20h, Micromegas (dir. François Raulin), Solexine, Grenoble.
– Vendredi 5, 20h, Orchestre Symphonique d’Eybens (dir. Christine Antoine), l’Odyssée : je trombone et je présente (ne venez pas, guichet fermé).
– Samedi 6, 18h, « Alice, Charles & les autres » , Grenoble.

Développons un peu ce dernier…

Le spectacle « Alice, Charles & les Autres » réinvente et (toute modestie gardée) sublime un répertoire de chansons, contes et même proverbes recueillis autrefois par les folkloristes Alice et Charles Joisten dans le Queyras.
Il fut conçu l’an dernier pour « jouer à domicile », c’est à dire pour répondre à une commande du festival MusiQueyras, afin d’être rendu à qui-de-droit tel un hommage.
Mais ô qu’il eût été dommage qu’il s’en tînt là, fût oublié, disparût, expirât en pleine jeunesse, et ne délivrât point au reste du monde ses trésors (sublimés) de sagesse et d’inventivité traditionnelles et comme ils sont charmants ces circonflexes du subjonctif, on dirait les toits d’un village de montagne dans les Hautes-Alpes !
J’ai la joie non feinte de clamer que mes camarades Marie Mazille, Laurence Dupré, Patrick Reboud, Christophe Sacchettini et moi-même redonnerons non pas une mais deux fois ce spectacle au mois d’avril.
– Samedi 6 avril à 18h, au 170 galerie de l’Arlequin à Grenoble (ceux qui savent, savent ; ceux qui veulent savoir peuvent encore demander et il leur sera répondu).
– Dimanche 14 avril vers 20h, à la MFR de Bourgoin-Jallieu dans le cadre du stage de printemps de Mydriase (ceux qui savent, savent ; les autres peuvent encore s’inscrire, il reste une ou deux places).

Tous les détails, y compris le teaser audio ainsi que l’appréciation que nous a délivrée Alice Joisten en personne (nous sommes validés, quel honneur !) au Fond du Tiroir.

Ella & Dizzy

17/03/2024 Aucun commentaire

À la faveur d’un malentendu tout-à-fait amical, Marie Mazille et moi-même sommes invités à donner un concert dans le Off du Festival de Jazz de Voiron.

Nous avons dûment averti que ce que nous faisons est assez peu qualifiable de « jazz » sauf bien entendu à s’en remettre à la définition extensive donnée par le regretté Howard Becker, sociologue et pianiste : « Si c’est intéressant, c’est du jazz » .

Comme nous n’avons peur de rien, et certainement pas du ridicule (où en serions-nous dans le cas contraire, je vous le demande), nous avons relevé le défi. Notre duo, intitulé jusqu’à présent Victor & Wolfganga, s’est sur le champ rebaptisé Ella & Dizzy, et ainsi nous irons faire swinguer nos chansons et mirlitons à Voiron, le mardi 2 avril à 19h, entre les rayons de la librairie Au bord du jour, 20 rue Dode, d’ailleurs mon correcteur orthographique à l’instant me suggère Rue Dodécaphoniste, et en voilà un signe propice.

(Pour faire connaissance avec cette admirable librairie et son excellente tenancière, Géraldine Hérédia, on peut cliquer ici.)

Le répertoire du jour sera constitué de nos fantaisies habituelles, augmentées de pas moins de trois créations mondiales conçues exclusivement pour l’événement : Bonne fête Sandrine (car nous consultons toujours scrupuleusement l’agenda avant d’accepter une date, et le 2 avril est bien Sainte-Sandrine) ; Le syndrome de l’imposteur (tango) (spéciale dédicace à J.-L. S.) ; et enfin, puisque nous sommes là pour jazzifier un minimum, Caravan, le standard orientalisant de Duke Ellington que nous avons sans vergogne outragé avec des paroles françaises.

Post-scriptum d’après coup : oui on l’a fait et oui c’était bien ! Photos ci-dessous Laurence « Sandrine » Menu.

Avec un témoignage exclusif de Marie-Wolfganga-Ella Mazille :

Il y a une vingtaine d’années, j’ai fait un cauchemar épouvantable : je me baladais dans les couloirs du Cargo (euh pardon de la Macu…euh pardon de MC2…) quand tout à coup sans comprendre comment ni pourquoi je me retrouvais dans les loges propulsée énergiquement par deux grands gaillards vers….vers…vers la plus grande scène de MC2 (190 m2), pour la soirée d’ouverture du festival de jazz de Grenoble, en piano solo. Au niveau public, noir de monde (donc 1000), au niveau enthousiasme : « Youpi, ça y est nous distinguons Carla Bley en train de se diriger vers son Steinwey ça va le faire grave, cris de joie, applaudissements à s’en choper des ampoules, tout le monde debout etc etc… » et moi, en train de protester contre cette erreur, me rapprochant à une vitesse vertigineuse du clavier, réfléchissant à combien de temps j’avais fait du piano dans ma vie (10 minutes ?) de jazz ? (un quart d’heure ?)…Réfléchissant au SEUL MORCEAU que je pouvais ne pas massacrer…Au clair de la lune (le A, pas le B, en do, pas en ré trop compliqué !)…à la main droite (je suis droitière)…mais que faire de la main gauche ???????? M’étaler de tout mon coude avec vigueur et conviction sur une vingtaine de touches aléatoires en m’imaginant virtuose de free jazz !!!!…Je transpire…Je tati-carde…Je suis au bord de l’évanouissement….DDDDDRRRRIIIIIIINNNNGGGGGG, avant l’attaque du do fatal, je me réveille……Mais HEUREUSEMENT grâce à mon ami et collègue Fabrice Vigne, 20 ans plus tard me voilà sur scène pendant le festival de jazz de Voiron….et je ne me suis jamais réveillée…Bonne nuit tout le monde !

Stages de chansons, c’est reparti

16/02/2024 Aucun commentaire

STAGES CRÉATION ET ENREGISTREMENT DE CHANSONS

9-10 et/ou 23-24 mars

Oyez, oh yeah ! Le dynamique duo Marie Mazille/Fabrice Vigne met à jour son agenda de formations 2024.
Depuis huit ans, Marie et Fabrice font, mais aussi font faire, des chansons.
Ils proposent des ateliers, des formations, des stages, pour une durée qui va d’un quart d’heure (formule Chanson à manger sur place ou à emporter) à une semaine, en passant par l’atelier « classique » de deux heures ou le week-end en immersion…
Vous portez en vous une chanson ? Vous l’entendez fredonner dans votre oreille interne, depuis deux jours ou depuis toujours ? Marie et Fabrice vous aident à l’extérioriser – avec doigté bien sûr, avec délicatesse, avec humour, avec technique et avec imagination.

Tout-terrain, Marie et Fabrice ont proposé leurs services à des écoles ou collèges, des musées, des bibliothèques, des associations de quartiers, des salons du livre, des MJC, des hôpitaux… Et quel que soit le format, à chaque fois chacun repart avec la joie de la chanson créée.

Sous ce lien Soundcloud, quelques-unes des maaaaagniiiifiiiiiques chansons nées pendant les stages de Marie et Fabrice, enregistrées aux bons soins de Patrick Reboud.

Deux prochaines sessions, mars 2024

* en duo (Marie Mazille + Fabrice Vigne) le week-end des 9-10 mars aux Épicéas (Méaudre) // Possibilité de monter à Méaudre dès le vendredi 8 mars au soir.
Les repas seront partagés, apportez vos spécialités. Prévoir trois repas (quatre si vous êtes présent dès le vendredi soir) : samedi midi (attention, repas froid pour cause cuisine inaccessible), samedi soir, dimanche midi. Restitution tranquille le dimanche en fin de journée, vers 17h : invitez vos amis et familles pour écouter vos chansons.

* en trio (Marie Mazille + Patrick Reboud + Fabrice Vigne) le week-end des 23-24 mars à Solexine, 12B rue Ampère à, Grenoble (38). Attention ! Celui-ci est un stage de niveau 2 : ouvert seulement à ceux qui ont déjà effectué un stage avec nous, qui ont déjà une chanson au moins en chantier, qui souhaitent la parachever et s’essayer à l’exercice de l’enregistrement.

Naturellement, il est possible, sinon chaudement recommandé, d’enchaîner les deux stages, dans la limite des places disponibles ! Venez créer votre chanson le week-end des 9-10 mars, et la peaufiner, l’arranger et l’enregistrer, le week-end des 23-24 mars.

Tarif pour chacun des deux stages :

Tarifs : 150 euro tarif normal / 100 euros tarif réduit (vous avez sûrement droit au tarif réduit).

Frais supplémentaires pour les nuitées du stage des Épicéas (9-10 mars) : 30 euros les 2 nuits (16 pour les QF inférieurs à 1000) / Seulement nuit du samedi au dimanche 22 euros (12 pour les QF inférieurs à 1000) / + adhésion aux Épicéas : 10 euros)

Renseignements complémentaires et inscriptions : Marie 06 60 88 95 84.

Musiciens bienvenus (amenez vos instruments), non-musiciens bienvenus aussi (amenez votre voix, votre cerveau, vos mains).

Et pour ceux qui en veulent plus (des références, des liens), encore plus (des biographies, de la gaudriole), toujours plus (le livre d’or de nos stagiaires reconnaissants), il vous reste à flasher le QRcode ci-dessous, et vous serez sans délai téléporté.e.s dans un monde merveilleux et une forêt magique gorgée de licornes et fées bizarres, où les poèmes et les mélodies vous sortiront en arc-en-ciel par tous les orifices, avec effet positif garanti ou remboursé sur la santé, les examens, la régularisation des papiers, la libido, la paix dans le monde, la caisse la plus rapide au supermarché, et le retour de l’être aimé en 14 jours chrono. Ou alors, au pire, vous aurez seulement créé une chanson rien qu’à vous, qui vous comblera de fierté, de joie, et de consolation.

Lettres à des morts : l’affiche

04/02/2024 Aucun commentaire

Stéphanie Bois, Christophe Sacchettini et moi-même avons donné deux représentations (allez, deux et demie si l’on compte la numéro zéro, encore plus confidentielle que les suivantes) de nos Lettres à des morts. Nous aimons tellement ce spectacle, et le public aussi, juré, que nous avons envie de le jouer jusqu’à ce que mort s’ensuive et oh la la c’est bien le cas de le dire. Ce spectacle pourrait être un marronnier du 11 novembre qui rappellerait sans relâche l’horreur de la prétendue Grande Guerre y compris à l’arrière, mais pas que. Comme nous l’a dit une spectatrice (merci Anne), Tout le monde devrait voir ce spectacle. Vous le voulez ? Contactez-nous.

Et puis voilà que désormais nous disposons d’un atout supplémentaire : le splendide visuel, signé Adeline Rognon. Pour le précédent spectacle du même trio, Trois filles de leur mère d’après Pierre Louÿs, nous avions sollicité Adeline qui nous avait offert une magnifique affiche… Rebelote : ci-dessous son premier jet, pour vous donner une idée du making of.

… Soit une encre bien noire et bien memento mori en surimpression d’un texte imprimé. Nous étions déjà emballés par l’idée, mais nous avons fait valoir à Adeline qu’il était dommage que le texte ne soit pas un écrit à la main, voire, justement, le manuscrit d’une des 26 lettres qui composent le spectacle…

Il s’agit d’un point hautement sensible : à chacune des représentation une question est soulevée par le public (nous pouvons déjà faire des statistiques, même au bout de deux et demi). Ces lettres, publiées pour la première fois en 1932, sont-elles d’authentiques témoignages de 14-18, ou bien l’œuvre apocryphe d’un écrivain transformiste et pacifiste ? Les tenants du vrai et ceux du faux ont tous de solides arguments, et quant à nous, même si nous avons une petite idée, nous n’avons pas de quoi dissiper l’énigme qui, selon moi, ne fait qu’ajouter à la fascination exercée par ces 26 terribles textes. En tout état de cause, le manuscrit original, personne ne l’a vu et personne ne sait où il est. Stéphanie et moi-même avons donc entrepris, pour les besoins du spectacle, d’entièrement réécrire à la main les lettres, 13 chacun.

Désormais, le manuscrit existe bel et bien puisque nous l’avons créé, et le théâtre est un espace d’illusion pour la bonne cause.

C’est ainsi qu’Adeline a recomposé son illustration, en utilisant cette fois comme fond l’une des lettres portant mon écriture. Comme pour les Trois filles, pour la remercier, nous allons en tirer quelques sérigraphies de luxe et cartes postales, objets rarissimes qui seront, comme de juste, en vente à l’occasion des spectacles ainsi qu’au sein du réseau (montréalais) d’Adeline.

Bonus : nos têtes de circonstances.

On t’embrasse pour la vie

23/12/2023 Aucun commentaire

Lettres à des morts, lecture musicale. Ce spectacle sera joué deux fois en début d’année : dimanche 7 janvier 19h à Grenoble ; dimanche 28 janvier 18h30 à Lyon. Deux environnements confidentiels – deux appartements. Nous contacter pour tout renseignement et toute réservation.

Lettres à des morts, 1914-1918 :
On t’embrasse pour la vie
Lecture musicale
Note d’intention

Une collection de vingt-six lettres, très variées dans les tons, dans les registres, dans les intentions, dans les orthographes mêmes, non datées, non localisées, où la plupart des noms propres sont remplacés par des initiales, se présente comme une archive brute, une source primaire ainsi que les désignent les historiens, selon les termes d’une préface ambiguë : Les lettres que l’on trouvera ci-après, dont il est inutile que nous garantissions l’authenticité

Inutile de garantir, inutile donc de débattre. Si l’on admet le principe de leur authenticité, ces vingt-six lettres ont en commun d’avoir été écrites à l’arrière, par des civils, et adressées au front, à des soldats, durant la guerre de 1914-1918. Aucun des destinataires n’a lu la lettre à lui destinée : ces vingt-six soldats sont morts (parmi 1,4 million d’autres tués, bilan officiel des pertes militaires françaises) avant d’avoir ouvert leur courrier. Précisément, peut-être, parce qu’elles ne furent pas distribuées, ces Lettres à des morts ont pu être compilées et soustraites à l’institution militaire par un certain Claude Berry, dont on ne saura rien de plus.

Elles ont paru une première fois en 1932 dans la revue pacifiste de Romain Rolland, « Europe » (n°113, mai 1932, pp. 5-33) ; une deuxième fois en 1978, sans davantage d’explication, aux éditions Roger Borderie, dans la collection « La Parole debout » ; une troisième fois, enfin, en 2004, aux éditions Cent Pages (Grenoble), au sein de leur collection « Cosaques ». C’est cette édition, toujours dénuée du moindre paratexte qui aurait pu éclairer les origines des vingt-six missives, que nous avons utilisée.

Ces vingt-six lettres constituent vingt-six micro-drames écrits à la première personne. Comme les vingt-six lettres d’un abécédaire qui décrirait, par fragments, un monde plongé dans le chaos.

Vingt-six histoires, à la fois intimes et documentaires, privées et sociologiques, révélant les préoccupations des Français de l’arrière, bourgeois ou paysan, instituteur ou bistrotier, prolétaire ou marchand enrichi par la guerre, prostituée ou bonne sœur… qui, tous, ont un frère, un mari, un fils, un amant ou un ami au front, qui donnent des nouvelles, en attendent en retour, parfois désespérément. Qui, tour à tour, se confondent en empathie pour les poilus sacrifiés dans l’horreur de ce grand suicide européen, ou au contraire, oubliant le sens des proportions, cherchent à se faire plaindre, justifiant que ce n’est pas facile pour eux non plus.

Vingt-six saynètes. Vingt-six échantillons de tragédie ou de farce ; souvent de tragédie et de farce combinées, puisque ce sont vingt-six aventures humaines. Vingt-six vignettes, vingt-six scandales, appelons-les comme on voudra, qui mettent en scène l’ordinaire de la vie quotidienne, non expurgée, non visées par la censure militaire, bien complète de ses outrances, violences, méprises, plaisanteries et trivialités. Il y est question d’obsessions alimentaires et sexuelles, bien entendu, mais également de maltraitance, d’oppression, de misère, de suicide, de jalousie, de sadisme, de pédophilie, de zoophilie, d’alcoolisme, de perversion, d’inceste, d’opportunisme, d’égoïsme, de patriotisme décérébré… Et aussi de quelques admirables grandeurs d’âme.

Vingt-six facettes d’un monde et d’une époque. Surtout, vingt-six caractères, vingt-six personnages à incarner par les deux comédiens qui, alternativement, prêtent leurs voix à ces hommes et à ces femmes. Simplement parce que ces vingt-six monologues méritent encore, plus d’un siècle après, d’être dits et entendus.

Les interventions vocales seront ponctuées à la cornemuse du Centre France : instrument à la fois inactuel (au sens historique) et intempestif (au sens sonore), témoin d’un temps révolu… propre à tremper nos oreilles d’une vérité explosive, littéralement « inouïe » : celle de voix disparues dans le fracas injuste de l’Histoire.

Durée indicative : 1 h 10 mn
Équipe artistique :
Stéphanie Bois, lecture
Fabrice Vigne, lecture
Christophe Sacchettini, musique

Ce trio travaille ensemble depuis plusieurs années, et a notamment créé en 2019 une adaptation théâtrale fort risquée du roman Trois filles de leur mère de Pierre Louÿs, qui présente divers points communs avec le présent ouvrage : à tout le moins l’époque de la rédaction, la crudité, ou la viscéralité.

Alice, Charles et nous

29/11/2023 Aucun commentaire

En juillet dernier, le Marie Mazille Trio (Marimazille + Christophe Sacchettini + Patrick Reboud) a créé pour le festival MusiQueyras un drôle de spectacle intitulé Alice, Charles et les autres, conviant sur scène deux invités, Laurence Dupré au violon et moi-même à la voix.
On y a entendu, « à notre façon » , des chants et contes traditionnels du Queyras puisés dans le répertoire recueilli tel un trésor par le couple Charles et Alice Joisten, des années 50 aux années 70.
D’abord conçu comme un « one-shot » préparé et consommé sur place merci-bonsoir, tous comptes faits, tous contes refaits, ce spectacle nous emballe tellement qu’il a un goût de revenons-y, on adorerait le voir tourner ici et là et même loin de chez lui.
Invitez-nous !
Pour vous faire une idée, le voici compressé tel un César : un teaser de sept minutes, bande-annonce pour les oreilles.

Charles Joisten (1936-1981) n’est plus là pour nous applaudir… En revanche nous avons eu la joie de recevoir la bénédiction d’Alice, enchantée d’entendre ce que nous avons fait de son travail : « Ce sont ici quatre musiciens et un conteur qui nous transmettent fidèlement un répertoire traditionnel de chants et de contes, tout en leur donnant une nouvelle vie grâce au dynamisme et à l’inventivité musicale qui les anime. »
Merci Alice ! Bisous !
Signalons la parution de son dernier livre, dans lequel nous avons puisé alors qu’il n’était encore qu’en épreuves.

Un géant, une géante

10/09/2023 Aucun commentaire

Le week-end prochain, à l’occasion des Journées du patrimoine, je jouerai deux spectacles en trio, avec mes camarades Christine Antoine (violon) et Bernard Commandeur (piano).

Deux spectacles sons et lumières, deux évocations musicales et picturales, deux biographies de peintres écrites par mes soins : Goya et Chagall, si différents l’un de l’autre qu’il n’est pas commode de leur trouver un point commun. Voici, pourtant, l’une sur l’autre, deux de leurs peintures qui semblent avoir le même motif : un géant, grand comme une montagne, apparaît au-dessus de l’horizon et toise les humains. Il occupe les deux tiers supérieurs du tableau tandis que les humains sont écrasés dans le tiers inférieur.

Le Colosse de Goya (1808) montre en pleine nuit et de dos, une force tellurique nue et musculeuse, une force de destruction en marche, une fatalité mythologique qui fait trembler le ciel et la terre et pour qui les humains ne sont que des fourmis égarées, aveuglées, fuyant dans le chaos.

Bella au col blanc de Chagall (1917) montre en plein jour et de face, la toute puissance bienveillante et maternelle d’un éternel féminin, hautain comme une allégorie, couvant du regard une scène bucolique, un homme apprenant à marcher à son petit enfant à l’orée d’un bois ; la géante emprunte ses traits à Bella, le grand amour de Chagall, sa femme, qui vient de donner naissance à leur fille, Ida.

Récapitulons :

– Le samedi 16 septembre à 11h : Goya, démons et merveilles sur de la musique espagnole et latino-américaine, au château de Valbonnais. Réservations au 06 73 53 18 42.
– Le dimanche 17 septembre à 18h : Chagall, l’ange à la fenêtre sur de la musique klezmer, russe et française, en l’église Notre-Dame-des-Vignes à Sassenage. Réservations au 06 71 04 91 17.

Tiens ? Il a fallu que je l’écrive ici pour réaliser que le diptyque faisait s’affronter dans ses titres, que j’ai choisis sans la moindre préméditation, l’ange et le démon.

Ci-dessous, revue de presse, l’article des Affiches de Grenoble et du Dauphiné consacré à notre Goya :

I’m just a sweet transvestite

01/08/2023 Aucun commentaire
Jessica DeBoisat au naturel
Jessica DeBoisat prépare sa séance de shooting
Jessica DeBoisat en trop-trop-trop gros plan.
Jessica DeBoisat au selfie dans le miroir
Jessica DeBoisat à l’oeil qui tue ! Et sa coiffeuse à l’arrière-plan.
Jessica D. et sa besta Laurence M.
Rubrique people : un selfie de Jessica DeBoisat aux côtés de son autrice préférée (dont elle n’a lu aucun livre), Mano Gentil

Il est jeune, il est pâle ― et beau comme une fille.
Ses longs cheveux flottants d’un nœud d’or sont liés,
La perle orientale à son cothurne brille,
Il danse ― et, secouant sa torche qui pétille,
À l’entour de son cou fait claquer ses colliers.
Louis Bouilhet, Étude antique

Je reviens d’Arles. Comme chaque été je me suis régalé la rétine des Rencontres photographiques, qui transforment la région en infini territoire de cimaises. Quatre jours d’orgie scopique, une dizaine d’expos quotidiennes minimum, un horizon complet d’images sur lesquelles (se) réfléchir au lieu que de se cogner contre, à chaque porte poussée le risque d’être curieux, indifférent, ébahi ou enthousiaste. Le pass à 40 balles pour au moins 50 risques, ça nous fixe le risque à une fraction d’euro, le prix devient symbolique, idéal comme un paletot.

Enthousiasme il y eut, oh oui, et nombre de fois ! Avec des merveilles dans tous les genres, c’est parti pour le feuilletage à toute berzingue du catalogue : le reportage (les archives photojournalistiques de Libé à Montmajour) ;
la réalité la plus actuelle dans ta face (La chasse à la Tarasque de Mathieu Asselin) ;
au contraire, la pure fiction, minutieusement mise en scène dans des grands formats époustouflants (Gregory crewdson, quelle claque) ;
l’autobiographie recomposée (Zofia Kulik, géniale, ou Lina Geoushy, pas mal non plus) ;
le happening expérimental explorant la mémoire d’un lieu (Entre nos murs des Iraniens Sogol & Joubeen) ;
l’archive retrouvée (Ne m’oublie pas, expo de photos d’identité de portefeuilles, ressuscitées d’une époque où l’on n’avait qu’une seule photo précieuse et pliée au fond de la poche au lieu de milliers d’images dévaluées dans son téléphone) ;
l’art contemporain, conceptuel et pourtant primitif, chamanisme au cœur de la forêt amazonienne (Roberto Huarcaya) ;
l’hommage au cinéma, ce frère esthétique (Agnès Varda est présente en trois endroits mais surtout pour les photos de repérage de son premier film La Pointe Courte, car elle a toujours été photographe même quand elle est devenue cinéaste) ;
le pouvoir conjoint de l’image et de la littérature (Paul Auster & Spencer Ostrander) ;
le projet encyclopédique dingo et pince-sans-rire (Soleil gris de Eric Tabuchi et Nelly Monnier) ;
ou la rétrospective de toute une carrière discrète et opiniâtre (Saul Leiter, flamboyante découverte)…

Bizarrement ou pas, l’une des seules expos me laissant de marbre est celle présentée comme le must absolu toutes catégories, la rétrospective Diane Arbus. Or elle m’est apparue jetée en vrac, avec un système d’accrochage opaque et radin, une totale absence d’accompagnement, un côté démerdez-vous avec ça et si ça ne vous plaît pas c’est vous qui n’êtes pas à la hauteur, je n’y ai rien vu du tout, je l’ai traversée en aveugle, rendez-vous manqué. À tout prendre, on approche de bien plus près la personnalité de Diane Arbus en regardant le faux biopic Fur de Steven Shaiberg, film parfaitement fantaisiste mais sensible.

Et quant à celle que j’élirais mon expo 2023 préférée… Ce n’est pas commode, mais… je crois que ce serait Casa Susanna.

Quelle extraordinaire boîte de Pandore que ce carton d’archives rescapées des années 60, ces centaines de photos qui témoignent d’une société secrète, underground et hors-la-loi : la confrérie travestie secrète américaine, en pleine période du triomphe de l’American Way of Life, où John Wayne était l’homme, Marilyn Monroe la femme, et les vaches étaient bien gardées par les cowboys !

Casa Susanna, qui doit son nom à mademoiselle Susanna, alter-ego féminin de Tito posant sur la photo ci-dessus, a été pendant plus d’une décennie le nom d’un refuge clandestin pour hommes qui avaient en eux un alter-ego féminin. Un paradis, niché dans les Catskills au nord de l’état de New-York, un club archi-privé pour certains hommes qui se contactaient par les petites annonces du fanzine Transvestia, et se retrouvaient là, soulagés de découvrir qu’ils n’étaient plus, chacun, seul au monde. Ainsi une communauté émerge.

Le documentaire du même titre sur Arte, assez émouvant (comment ne pas être sensible à l’histoire d’amour entre Tito-Susanna et sa femme Maria, indéfectiblement unis jusqu’à ce que la mort les emporte tous deux, à une semaine d’intervalle) mais joue trop sur la fibre psychologique, et mélodramatique. J’ai ressenti une plus grande palettes d’émotions devant l’expo qui, composée de simples images, raconte l’histoire de façon plus brute, et plus sociologique. Elle montre des hommes lassés de paraître des hommes, ne pouvant s’épanouir qu’avec des perruques, du maquillage, des bijoux, des robes de satin et des talons aiguilles. Se préparant pour le bal ou pour les fourneaux, car on peut être coquette tout en tenant son ménage.

Et qui se prennent en photo. Et comme ils ont l’air heureux, sur ces photos ! Car ainsi, pour un instant seulement, derrière les volets clos de la Casa Susanna, le miracle opère : même ceux qui ne sont pas beaux sont belles. Belles d’être ensemble : la sororité vaut mieux que la fraternité (je sais de quoi je cause, j’ai été militaire), j’en suis convaincu à un point tel que si les féministes s’avisaient de prétendre modifier la devise de la République, je ne m’y opposerai pas.

Ces documents historiques sont stupéfiants et en même temps brûlants comme de la TNT, ils remplissent toutes les fonctions de la photo : ils attestent de l’existence de ces personnes (et de leur beauté) mais ils auraient pu, en de mauvaises mains, cesser d’être un souvenir enchanté et devenir une dangereuse pièce à conviction, leur valoir un sort affreux, la fin de leur vie sociale, et tout simplement la prison. Les multiples valeurs de ces photos, pourtant amateures, leur donnent leur indéniable place dans une expo des Rencontres Photographiques d’Arles.

Comment faut-il appeler ces personnes ? Des travestis ? Des transformistes ? Des drags (acronyme de DRessed As Girls) en attente d’être couronnés queens ? Des cross-dressers ? Des invertis ? En tout cas, ils ne s’appellent pas encore des LGBTQI+++ et d’une certaine manière, tant mieux, car il y avait là une certaine forme d’innocence qui disparaîtra lorsqu’il faudra coller une initiale sur chacun. L’histoire que raconte l’expo d’Arles se termine dans l’aigreur, quand d’une part la révolution féministe en marche rend caduc le modèle stéréotypé de la femme à laquelle ces hommes veulent ressembler ; quand, surtout, la belle unité et la convivialité de cette proto-communauté explosent, et que des antagonismes, voire des haines se révèlent, certains éléments radicaux estimant que s’habiller en femme est un plaisir d’homme hétérosexuel pur, et que tous les autres cas (les gays, les transsexuels en attente de transition) sont des monstruosités. Déchirements entre chapelles. On est loin, d’un seul coup, des sourires et de la joie de vivre de la Gay Pride. On est loin de la tolérance, on retombe dans l’intolérance et cela ne servira de leçon à personne.

Mais il est temps de faire mon propre coming-out. Moi aussi j’ouvre et je partage sous vos yeux, en tête de cet article, mon vieil album photo. Moi aussi j’avais un alter-ego féminin. J’avais Jessica comme Tito avait Susanna. Si j’ai tant de bienveillance pour ces personnes c’est que j’ai vaguement fait partie de leur bande, moi aussi j’ai pensé qu’il n’y avait rien de plus beau et de plus désirable qu’une femme, alors j’ai voulu franchir le pas, m’approprier la beauté et le désir. Certes, dans mon cas, ce n’était qu’une blague (mais attention, j’étais sérieux comme une blague). Sans vouloir balayer les tourments psychologiques qui peuvent être associés au travestissement, je peux témoigner qu’existe aussi la pure joie carnavalesque d’être (d’être enfin !, mais d’être temporairement, car tous les états sont temporaires), quelqu’un d’autre, parce qu’il est trop pesant d’être tout le temps la même personne, parce que l’identité assignée est un fardeau. Changer, littéralement, de rôle. Marcher dans d’autres chaussures, eussent-elles des talons. Renversement salutaire. Mon outrance, mon stéréotype, ma caricature peut-être, mais mon empathie, et ma tolérance. Essayez, vous verrez. On se croise dans la prochaine gay pride ?

Peace and love,

Jess

Rrose Selavy, alias Marcel Duchamp, 1920. Photo : Man Ray.

Le vrai du faux

18/06/2023 Aucun commentaire

18 juin 2023 : joyeux anniversaire, Paul McCartney ! L’un des deux Beatles survivants a 81 ans aujourd’hui, chapeau.
On m’a aimablement fait remarquer que j’avais laissé passer une coquille dans La théorie de la compote. Car j’y ai écrit ceci :

« Il paraît, et c’est vrai hein, et même c’est plus que vrai c’est carrément logique, que plein de morts célèbres, Michael Jackson, John F. Kennedy, Jack l’Eventreur, Jésus Christ, Che Guevara, Marilyn Monroe, Claude François, Amy Winehouse, Napoléon, Lady Di, le petit Grégory, Johnny Hallyday, Paul McCartney, je sais plus qui j’en oublie mais la liste se trouve assez facilement je t’enverrai le lien, en réalité ils ne sont pas morts. Ils se sont brûlé les ailes comme Pégase. Ils se sont approchés trop près de secrets qui ne les concernaient pas trop, tu vois ce que je veux dire, des secrets de la CIA, et depuis tous les faux morts se cachent entre eux dans des bunkers ultra-sécurisés et attendent le bon moment pour revenir. « 

Ce n’est pas une erreur, figurez-vous. J’ai fait absolument exprès d’inclure sir Paul dans la liste des morts, en référence à l’une des plus anciennes et tenaces rumeurs virales entourant la pop culture. Cf. l’exégèse qu’en fait Pacôme Thiellement.

Comme j’ai écrit le premier jet de ce texte il y a 5 ans et qu’il a mis un temps assez long à paraître, pendant 5 ans je me suis dit : « Pourvu que McCartney ne meure pas dans l’intervalle, cela gâcherait ma blague ! « 
Merci McCa d’être encore vivant, joyeux anniversaire ! Il vient d’ailleurs d’annoncer la sortie d’un titre inédit des Beatles terminé par une intelligence artificielle, je demande à entendre…

(Et sinon, au cas où, puisqu’il faut être parfaitement transparent, « Ils se sont brûlé les ailes comme Pégase » c’est pas une coquille non plus.)

Julien Assange, bien placé pour émettre un avis sur les complots puisqu’il en a révélé une poignée et subi un autre, a récemment énoncé cette idée intéressante :

Je ne comprends pas pourquoi les gens se passionnent pour de faux complots, alors qu’il en existe tant de vrais.

Révérence gardée, il me semble que la réponse à sa question est des plus fastoches. On se passionne pour les complots, peu importe qu’ils soient vrais ou faux (la question de la discrimination entre le vrai et le faux étant autrement épineuse, et sacrément contemporaine), tout simplement parce que les complots sont d’excellentes histoires. On aimera les complots aussi longtemps qu’on aimera les histoires, qu’on aimera comment elles se construisent et comment elles nous construisent dans le même mouvement, comment elles nous tiennent en haleine, et comment elles nous révèlent la vérité petit à petit ou brutalement. Chaque théorie du complot est un whodunit, excitant comme du Agatha Christie.

C’est pourquoi je réclame que le complotisme soit inscrit au nombre, outre des pathologies mentales, des arts du récit. Le complot est un phénomène imaginaire, un phénomène littéraire. C’est en tant que tel que je l’ai abordé puis brodé, en ma petite fantaisie intitulée La Théorie de la Compote.

Avisse : le samedi 24 juin à 18h, je ferai une rencontre-lecture-dédicace-un-peu-n’importe quoi en l’excellente librairie la Caverne, 11 rue Montorge à Grenoble, et ce sera comme une inauguration officielle, sans petits fours et sans sous-préfet qui coupe un cordon tricolore, mais avec beaucoup mieux : avec Marie Mazille. Donc on chantera, aussi.

Joie, beauté et couleur

01/05/2023 Aucun commentaire

Lu dans le Dauphiné libéré, un article aimable consacré au spectacle Goya : Monstres et merveilles en trio avec Bernard Commandeur, Christine Antoine et mézigue. Avec bien sûr une coquille, sans laquelle le Daubé ne serait plus le Daubé : « Fabrice Vigne au chant et au texte« . Non, non, ce coup-ci je ne chante pas, promis. Sauf si je suis dans un état second ? Si ça se trouve… mon dieu… Le Daubé aurait raison ? Je suis revenu du stage épuisé, confus, ébranlé nerveusement, je me serais mis à chanter sans m’en apercevoir, les Spermatos par exemple ? Voilà qui mérite un mirliton !

L’obscurité régnait dans l’aile du château / Et l’ombre de Goya enrobait le trio / Nous étions concentrés sur le « Très de Mayo » / Quand soudain retentit l’hymne des spermatos (de notre correspondant du Dauphiné Liberato)

Prochaines dates du spectacle : dimanche 25 juin 11h au Peuil (Claix) ; jeudi 19 octobre au Musée de Grenoble dans le cadre de la programmation « Musée en musique » .

Mais comme dans la vie il n’y a pas que « Goya et la musique espagnole » , Christine, Bernard et moi-même préparons un nouveau spectacle musicalo-biographico-pictural en trio : « Chagall et la musique russe » .
Déjà deux dates prévues : création à l’occasion des Journées du patrimoine, dimanche 17 septembre, en l’église Notre-Dame-des-Vignes, Sassenage ; reprise en appartement à Grenoble le mercredi 1er novembre (Toussaint).
Ce qui entraîne que ces jours-ci je lis pas mal de choses sur Chagall. C’est beau, Chagall. C’est féérique. C’est joyeux. C’est plus coloré que Goya (euphémisme).
Et puis à force de recherches, fatalitas et sérendipité, je tombe sur une citation de Jean-Marie Le Pen. Fin immédiate de la joie, de la beauté, et de la féérie.
Le 13 février 1984, date clef, Le Pen devient une star de la télévision et commence une ascension qui ne s’interrompra plus : il apparaît dans sa première émission en prime time, « L’Heure de vérité ».
Fort de son antisémitisme décomplexé et décomplexant, il profère cette ignominie, tous les Juifs dans le même sac :

« Je considère les Juifs comme des citoyens comme les autres… Ils ne le sont pas plus que ne le sont les Bretons ou d’autres. Je ne me sens pas obligé d’aimer la loi Veil, d’admirer la peinture de Chagall ou d’approuver la politique de Mendès-France ».

Près de 40 ans plus tard, Le Pen vient d’être hospitalisé pour un malaise cardiaque, mal en point. Il ne faut pas souhaiter la mort des gens, jamais, ça ne se fait pas. Par conséquent je ne dirai pas : « Qu’il crève » .

Pour le 1er mai, un brin de muguet peint par Chagall (vers 1975)
Ce ! N’est ! Qu’un ! Brin d’muguet !
Continuons le ! Com ! Bat !