Foudroyant comme la tortue, mon totem
Rêvé il y a quelques nuits : je découvre dans la poche arrière de mon jeans un chèque froissé de 4320 euros. Peu à peu les souvenirs me reviennent : à l’époque où j’habitais Troyes, j’avais été embauché pour animer une vente de charité. Un piano était le plus gros lot de ces enchères. C’est Yves Simon qui avait remporté le piano et m’avait signé un chèque de 4320 euros. Défroissant le chèque, je décide d’en faire un article sur mon blog : « Yves Simon est vachement sympa, il n’a pas hésité à débourser cette grosse somme d’argent pour nos bonnes oeuvres. Et à présent, puisqu’il a remporté un piano, il va pouvoir se mettre à la musique ». Mais à la réflexion, je me dis que cette blague est méchante et gratuite, et que je ferais mieux de ne pas la rendre publique. En plus, ma compagne me recommande la prudence : « Yves Simon est un nom très banal, tu es sûr que c’est le bon ? Il va vouloir qu’on lui rende des comptes, savoir ce qu’est devenu son chèque… »
Rendre compte de ce qui a été mis à profit durant ma résidence troyenne. Hum…
Selon les jours et les heures, mon totem est la tortue, ou l’ours, ou le pingouin. Là, c’est la tortue qui prend nettement la tête de la course : j’avais prévenu que je ne reviendrai ici que pour annoncer un livre, or j’ai l’honneur de beugler discrètement dans mon sourd porte-voix que mon prochain livre sera Lonesome George.
Quant à mon autre projet à court terme, Double tranchant, il se trouve actuellement en transit intestinal, ou en lecture, je ne sais plus, je confonds toujours les deux, dans une paire d’officines éditoriales parisiennes, et inch’Allah. Le toujours vert Jean-Pierre Blanpain, co-auteur de cette aventure coutelière, m’a fait remarquer que le terme latin bipennis exprimait à lui tout seul la notion technique « Double tranchant », ce qui ne saurait faire du tort à notre virilité. Puisqu’on en est au rayon physiologie, comme à chaque fois que j’envoie un manuscrit à un éditeur et que la réponse tarde, je viens de me fader ces derniers jours une jolie petite poussée d’eczéma. Faut croire, et c’est un scoop, que l’objectif occulte quand je donne dans l’auto-édition est de prendre soin de ma peau.
Autre avatar de cette nouvelle aiguisée : la lecture publique. Melle Vanessa Curton m’a aimablement convié à causer dans le poste dans les studios de RCF Grenoble. Le résultat de l’intreviouve fut si copieux qu’il fut finalement décidé d’en faire non pas une mais deux émissions d’une demi-heure, diffusées à quinze jours d’intervalle. La première (écoutable sous ce lien) est consacrée au Fond du tiroir en général, aux conditions de la résidence d’écriture, à mon gros chantier inachevé… La seconde, que je mettrai en ligne dans quelques jours, contiendra la mise en scène et en onde de la nouvelle Double tranchant par votre serviteur (spéchol sinx à Maxime Barral-Baron).









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