Au fond du tiroir à gauche

9 mai 2008

Ce titre est, naturellement, un message politique.

Mais il signifie, par ailleurs et de façon obscurément métaphorique, que j’incite les quelques lecteurs de ce blog (ils sont sept, selon mon dernier recensement), à explorer les pages dont les intitulés se déploient ci-contre. Même s’ils les ont déjà survolées. Parce que je les remanie régulièrement. J’adore remanier. Je remanie toujours, c’est compulsif.

Ainsi, je viens de développer la page Ecrire d’une main, allaiter de l’autre, où je donne enfin, comme promis, des éclaircissements sur le tableau accroché là-bas. J’en profite pour parler un peu de littérature jeunesse, figurez-vous.

J -12

8 mai 2008

L’autre jour je discutais avec CLV (connue ailleurs sous le nom de Corinne Lovera-Vitali) des retards en cascade, finition et impression, de mon livre auto-produit.

Moi : “Eh ben, c’est difficile, finalement, faire un livre. Le métier d’éditeur qui rentre. C’est décidé, je ne dirai plus jamais de mal d’aucun de mes éditeurs.”

Elle : “Ah non ! Il faut continuer coûte que coûte à dire du mal de nos éditeurs ! c’est important !”

Elle et moi : rires !

Bref. La dream team du Fond du tiroir (alias Patrick Villecourt au grand complet) vient de me donner une date de sortie à peu près ferme pour l’Echoppe. Mardi 20 mai. Après quelques hésitations, l’imprimeur retenu est celui de Pont-de-Claix et, coïncidence : l’homme sur la machine sera l’imprimeur qui autrefois officiait à Sassenage et accoucha sous son propre nom deux autres de mes livres, les Messages et la Mèche.

Je tâcherai d’être muni d’un carton d’Echoppes lors de ma journée à Lyon ce même 20 mai. En attendant, rien de plus à montrer hélas que le logo à tiroir ci-dessus.

… ce beau logo que j’exhibe depuis un mois et qui m’a valu des remarques enthousiastes telles que : “Ah oui, pas mal, mais pourquoi c’est un plagiat de celui de Thierry Magnier ?”, ou bien “Ah oui, pas mal, mais pourquoi c’est un calque de celui de Thierry Magnier ?”, voire “Ah non, pas terrible, et en plus c’est une parodie de Thierry Magnier.”

Zut alors, les gens se font des idées, la malice dans l’oeil… Si j’affirme que la ressemblance ne m’avait même pas effleuré (et Patrick encore moins, tu penses, pour ce qu’il en connaît de Magnier), on ne me croira pas… Il n’existe pourtant pas qu’un seul logo qui vole, à la fin ! Ange, vole ! Tiroir, vole ! Livre, vole ! Mais moi je ne suis pas un voleur. (Et en plus j’ai pris des bonnes résolutions : je reste en bons termes avec mes éditeurs…)

Rêve de livre, livre de rêve

6 mai 2008

L’Echoppe enténébrée, récits incontestables, rêve de livre et livre de rêve, s’en est allée d’un clic aujourd’hui chez l’imprimeur. Elle en ressortira, multipliée par 260, dans quelques jours. Je remercie les innombrables et cependant 41 souscripteurs, pour leur patience, mise à rude épreuve.

Je viens de lire Les Années d’Annie Ernaux. Le magnifique prologue de ce livre répète en litanie que tout disparaitra, que tout disparaitra en une seconde. Tout ? Oui, tout ce qui fut accumulé pendant les années désignées par le titre, c’est-à-dire les quelques années passées par chacun sur la terre, toute la matière des décennies vécues. On vit, on s’emplit d’images, le processus est long, et puis on meurt, l’achèvement est bref, et ce kaléidoscope s’évanouit en un éclair, aussi facilement que s’il n’avait jamais existé. Une idée qui empoigne, une idée pourtant simple, mais belle parce que simplement dite. Annie Ernaux compose donc un livre d’énumération. Elle empile les images de sa vie, elle les couche pour qu’elles disparaissent moins vite. C’est méthodique et bouleversant.

“Les images réelles ou imaginaires, celles qui suivent jusque dans le sommeil
Les images d’un moment baignées d’une lumière quin’appartient qu’à elle…”

Les images de nos rêves, oui, disparaîtront, avec les autres, et avant même toutes les autres. Elles sont les plus fragiles. Alors qu’elles auront peut-être été les plus belles.

L’Echoppe enténébrée, récits incontestables, retient sur du papier quelques-unes de ces images. Le livre est chez l’imprimeur. Je l’ai envoyé d’un clic.

Rendez-vous chez Isabelle

1 mai 2008

Ci-dessous, des précisions données par Anne-Lise Blanchard sur la soirée “Chez Isabelle” (cherchez pas, elle n’y sera pas, Isabelle, elle est partie en laissant seulement son prénom), le 20 mai prochain à Lyon :

Bonjour,

Les Mardis d’Isabelle accueillent mardi 20 mai à 20h

Fabrice Vigne en duo avec Christophe Sacchetini pour une lecture musicale de son dernier roman “Les Giètes”

35 rue Sainte-Hélène 69002 Lyon M° Bellecour

Participation : 3 euros et un mets ou une boisson

Réservation : 06 63 92 97 23, aliseblanchard69@yahoo.fr

Soirée fabuleuse en perspective. Faites-le savoir et venez nombreux !

Les romans de Fabrice seront disponibles.

Amicalement, Anne-Lise

René Goscinny (1926-1977)

30 avril 2008

Le 5 novembre 1977 trépassait René Goscinny, grand écrivain français, ni plus ni moins. J’ai rédigé un hommage de deux pages, et c’est là je vous prie de le croire, la moindre des choses, sur la bénéfique influence d’un auteur qui ne prenait ses lecteurs ni pour des adultes, ni pour des enfants, mais juste pour des gens d’esprit.

Le 13 mai 2007, je me trouve au salon du livre de Caen. J’attends le chaland sur mon stand. Sur le stand d’en face, je guette Anne Goscinny qui signe son roman, “Le père éternel”. Pour me désennuyer (le fait est que je signe moins qu’elle), je lui écris une lettre, au sujet de son papa, que je lui remets discrètement avant de quitter le salon. Elle ne m’a jamais répondu. Je suppose que des hommages à son père, elle en reçoit beaucoup.

Plus tard, je communique ce texte à Michel Lebailly, libraire et infatigable gardien de la flamme goscinnienne. Il me suggère de remanier la lettre en article, d’ôter ce qui en faisait une correspondance privée avec Anne (pour ce qu’elle en a fait, t’façons), pour publication dans son “Bulletin Goscinny”. Je m’exécute. Michel est enthousiaste quant à mon texte, à une phrase près. Cette phrase est “polémique”, si l’on veut. Il me prie de l’enlever. Je rechigne un peu, puis finis par concéder à ce qui relève d’une gentille censure. Le n°5 du “Bulletin” vient de paraître, contenant mon article moins une phrase.

Si ça intéresse quelqu’un : quelqu’un peut m’adresser une demande par email, et j’enverrai gracieusement à quelqu’un par retour de courrier l’article (dans sa version non expurgée). Mais que cela n’empêche pas quelqu’un d’acquérir le par ailleurs intéressant “Bulletin Goscinny”, disponible à la “Librairie Goscinny”, qui est sise à Paris “rue Goscinny” (au moins c’est facile à retenir, tout ça), ou alors par corresponadance :

http://www.librairiegoscinny.com/spip.php?article1525

Sur la route encore

25 avril 2008

Le mois de mai 2008 s’annonce comme le plus chargé de ma “carrière” de VRP littéraire (métier distinct de celui d’écrivain), et je serai, la seconde quinzaine, plus souvent en vadrouille que chez moi. Une telle densité d’apparitions publiques ne se renouvelera sans doute jamais. Plusieurs raisons à cette configuration astrale : cette année est celle où je reçois encore des invitations pour mes vieux livres et déjà pour le nouveau ; mai est le mois où les collèges et lycées invitent le plus fréquemment (fin d’année, aboutissement des projets) ; et surtout le prix Rhône-Alpes m’a propulsé à la mode, je suis “élu produit de l’année” comme dit l’autre, on me réclame dans des librairies, des bibliothèques. Je ne refuse rien, pas encore blasé. Et encore ! Mes dates en Bretagne (5 et 6 mai) ont été supprimées, à mon grand désappointement (la bise à Cécile, toutefois). Je fais le point sur le reste :

Vendredi 16 à Chambéry : rencontre d’enfants l’après-midi à Cognin (le Posthume), puis d’adultes (les Giètes) à 18h au “Café des auteurs” du Festival du Premier roman (ah, ça va me rappeler des choses ! Quel dommage que je ne dorme pas à l’Hôtel des Princes !) ;

Lundi 19 à Pont de Chéruy : rencontre au lycée La Pléiade, autour de TS ;

Mardi 20 à Lyon : en journée, des rencontres (sans doute des lycées) à la librairie “La marmite aux livres” dans le cadre du PRAL aux Giètes, puis le soir “lecture en appartement” s’inscrivant dans le cycle des “Mardis d’Isabelle” tenus par Anne-Lise Blanchard, que je cite, “Les soirées fonctionnent ainsi : l’hôtesse accueille 35 rue Sainte-Hélène Lyon 2ème, j’organise, les auditeurs-lecteurs apportent une contribution en boisson ou en mets, outre leur participation de 3 euros…” J’espère pouvoir refaire à cette occasion la lecture musicale donnée le mois dernier chez les Modernes en compagnie de mon excellent camarade Christophe Sacchettini ;

Vendredi 23 à Lourmarin : rencontres dans les écoles et la bibliothèque (et si j’ai quelques minutes, j’irai me recueillir sur la tombe d’Albert Camus) ;

Lundi 26 à Orléans : une très prometteuse rencontre en lycée, avec écriture et photos… ;

Mardi 27 à samedi 31 : une semaine, oui je dis bien UNE SEMAINE à Annemasse, au festival du livre jeunesse, des classes à tire-larigot puis dédicaces au le samedi, avec une escapade le mercredi après-midi pour une rencontre dans une librairie de Bonneville.

Mardi 3 juin à Martigues : rencontre au collège autour du Posthume, dans les classes très motivées semble-t-il de Mme Paloma Karle (mère de Vincent Karle, avec qui j’ai un éditeur en commun, c’est fou ce que le monde est petit) ;

Heureusement qu’il y a des jours fériés, en mai. Et l’Echoppe, avec tout ça ? On n’en a jamais été aussi près.

Pendant ce temps, à Landerneau

19 avril 2008

Si ma visite en Bretagne au mois de mai est finalement annulée, en revanche je provoque quelques remous dans le Landerneau « Littérature jeunesse ». Primo, je suis interviouvé par (la très subtile) Madeline Roth et mis à contribution dans le prochain numéro sur papier de la revue Citrouille, actuellement sous presse (http://lsj.hautetfort.com/). Deuxio, le blog du master 2 professionnel de littérature pour la jeunesse de l’université du Maine, animé par (le légèrement moins subtil) Bertrand Ferrier, cause de moi en se posant les bonnes questions : écris-je pour les ados ? Troisio, et voilà le plus amusant (et le moins subtil), je sers de repoussoir dans une polémique de longue haleine qui fait rage sur le blog de Blandine Longre . Ici, par deux fois, Jack Chaboud me traite à mots couverts d’escroc, parce que j’ai reçu (et même accepté ! et réclamé, si ça se trouve ?) un prix de littérature jeunesse pour un livre que j’avoue avoir écrit « sans me préoccuper de l’âge de mon lecteur ». C’est un scandale ! Je suis entièrement d’accord avec Jack Chaboud. J’ai l’intrépidité et la joie de foncer dans le débat.

Les milliards de lots en jeu ont trouvé preneur !

16 avril 2008

Les Fates d\'aprés Salvati (1550) © Galleria Palatina, Florence

(Les Fates d’aprés Salvati (1550) © Galleria Palatina, Florence)

… ce qui clôt déjà notre grand jeu concours. Félicitations à Marie Pérouse, lectrice savante et dégourdie, qui remporte la mise. (Et félicitations aussi à Yann Garavel, lecteur non moins savant et non moins dégourdi, qui rafle sa part, mais de façon moins officielle.)

Bon, tant que je suis là, je peux bien vous l’avouer : l’Echoppe est en retard. Elle devait paraître le 1er avril, puis le 6, puis le 15, puis le 23, puis… Bientôt. Quand elle pourra. J’en ai vu la moitié, c’est dire si c’est imminent. Merci aux souscripteurs pour leur patience, et je vous tiens au courant dès la sortie des ténèbres.

Jeu concours ! Des milliers de lots à gagner !

13 avril 2008

Non, c’est pas vrai : un seul lot à gagner. J’enverrai gracieusement un exemplaire de l’Echoppe enténébrée à celui ou celle qui répondra à l’unique question du jeu-concours : dans mon (photo)roman Les Giètes, à quelle référence culturelle font allusion les patronymes des trois dames de permanence de la Maison ?

Lors de ma première rencontre scolaire autour de ce livre (c’était au lycée Monge, Chambéry), j’ai posé aux lycéens cette énigme, d’un seul coup ils empoignaient le bouquin avec un regain d’intérêt, mais je n’ai pas eu de réponse, donc l’Echoppe est toujours en jeu…

Non mais écoute-le parler, l’autre

10 avril 2008


Vous trouverez ici deux interviews de Fabrice Vigne au sujet de son livre “Les Giètes” , recueillies par Martine Hamon , étudiante en Master “Littérature Jeunesse”, et par Anne-Laure Cognet pour l’ARALD.

Et puis ici, c’est un peu hors-sujet mais tant pis, une interview sur “Jean Ier le Posthume”, réalisée par des enfants du Collège Diderot (Nîmes).