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Florence

Chiotte, encore un exercice de nécrologie au Fond du Tiroir.

Je pleure la disparition d’une amie musicienne, Florence Barthe.

J’ai eu la chance de la côtoyer une bonne vingtaine d’années, d’abord dans un cadre professionnel. Nous étions en quelque sorte voisins de bureau : elle à l’école de musique, moi dans la médiathèque.

Elle venait me chercher, très simplement, pour me dire « Viens, on va inventer quelque chose ensemble » : ainsi nous avons eu, à cheval sur les années 2000 et 2010, maintes occasions de travailler de concert sur ses contes musicaux (elle était autrice-compositrice-interprète), sur ses projets participatifs (je me souviens de son spectacle sur Edith Piaf que nous avons donné plusieurs fois), et surtout sur un atelier de comptines que nous avons co-animé quelque temps à la médiathèque, successivement nommé « Roule galette » (oui, car c’était l’époque où l’on utilisait des CD pour les animations…) et « Trempez-la dans l’huile ». Elle adorait demander aux mamans dans le public de chanter leurs chansons d’enfance, de leur pays, de leur passé, ce patrimoine d’ailleurs qu’elles transmettaient à leurs bébés, et elle les accompagnait à la guitare.

J’avais été sidéré d’apprendre, longtemps après qu’elle avait initié ces ateliers, qu’elle les donnait sur son temps libre, bénévolement.

Je me souviendrai, donc, de sa générosité, mais aussi de son énergie intacte jusqu’au bout, de sa joie, de ses idées en ébullition, de son enthousiasme à oeuvrer dans le « collaboratif » pas mal de temps avant que ce concept soit à la mode.

Elle était « inspirante » comme disent les millennials.

Inspirante aussi, et peut-être surtout, dans sa manière de mener sa vie : malade, elle avait choisi de prendre sa retraite de façon anticipée pour pouvoir non seulement se soigner, mais aussi consacrer le temps qu’il lui restait à ce qui lui tenait à cœur.

Elle a maintenu ses activités aussi longtemps qu’elle l’a pu, animant jusqu’à l’an dernier des stages, des chorales et divers ateliers de chants, voire d’écriture de chansons – c’est à ces occasions-là que je l’ai croisée pour la dernière fois en plein travail, à Solexine (Grenoble) ou aux Épicéas (Autrans).

La sachant hospitalisée, j’ai tenté de passer la voir hier. Fatalitas ! Je n’ai pas réussi à lui dire au revoir, elle est partie quelques heures avant ma visite.

Alors j’ouvre son site, pour mémoire : https://www.florencebarthe.net
En l’explorant, on dénichera de bien jolies traces, dont une interview sur France Inter de 2012, où elle présente sa façon de travailler, qui était essentiellement une façon d’aller vers les gens, de les rassembler, « d’inventer quelque chose ensemble » exactement comme elle avait fait avec moi… Entendre sa voix fait un gros plaisir.

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