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Le court et le long

La joie de la littérature prend sans doute des formes infinies, mais pour aujourd’hui contentons-nous d’en identifier deux, ce sera déjà ça et l’infini sera pour un autre jour. Disons : la forme courte et la forme longue.

Je viens de lire, non pas l’un après l’autre mais l’un dans l’autre, deux livres formidables : l’un extrêmement bref, cul-sec, une centaine de pages aérées qui m’auront accompagné environ deux heures à moins que ce ne soit deux jours, L’homme est une fiction (Carmela Chergui, Lusitala, 2025), l’autre très long et dense, 400 pages bien serrées, qui m’auront tenu par intermittence environ deux mois à moins que ce ne soit deux ans, Le Destin de Mr Crump (Ludwig Lewisohn, Phébus, 1996, écrit il y a très exactement un siècle en 1926).

Un flash, un shot, un choc contemporain d’un côté et la littérature se niche effectivement ici, dans le shot et la contemporanéité ; une saga romanesque à l’ancienne de l’autre, et la littérature se trouve effectivement là, dans la longue haleine romanesque. J’invente à mon seul usage ce qu’ils ont en commun, qui m’appartient exclusivement : je les ai faits miens au même moment, au point de mélanger leurs synopsis (dans les deux cas, une enquête sur la façon dont tourne mal et se damne un artiste inadapté en ce monde) et leurs titres (la fiction de l’un et le destin de l’autre étant au fond interchangeables).

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