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Articles taggués ‘FV Live !’

Et maintenant, mesdames et messieurs, j’administre la preuve

12/06/2008 3 commentaires

Ah, au fait, je ne vous ai pas raconté ma riche journée de présentation des Giètes, à Lyon, le mardi 20 mai.

J’ai d’abord rencontré des élèves de seconde du lycée Charles de Foucauld, dans la librairie « La marmite aux livres ». Ces jeunes filles et jeunes gens assis par terre étaient extrêmement réceptifs, comme en témoignent leurs compte-rendus. Ainsi la preuve est définitivement faite : Les Giètes est bel et bien un livre jeunesse.

Ensuite, le soir à la brune, Christophe Sacchettini à la flûte, aux percus et au psaltérion, et moi-même livre en main, avons redonné notre lecture musicale du même ouvrage (ah, qu’est-ce qu’on l’aime, notre petit spectacle ! on va le rejouer au moins deux fois, en Savoie en août, en Ardèche en septembre, et plus encore j’espère), dans le salon au parquet luisant et craquant d’un appartement cossu, meublé avec goût, ceci dans le cadre des « Mardis d’Isabelle ». Le public ce soir-là, bien élevé, assis dans de confortables fauteuils Voltaire, et offrant à la vue de qui déclame un âge moyen tout à fait respectable, en est ressorti charmé et conquis (sans me vanter, hein). Ainsi la preuve est définitivement faite : Les Giètes est bel et bien un livre adulte.

Nous y trouverons leur poussière (et la trace de leurs vertus)

10/06/2008 Aucun commentaire

Pour des raisons connues, je ne refuse jamais un service à l’Arald. De proposition en invitation, J’en viendrais presque à tenir un agenda mondain, moi qui suis fait pour les cocktails comme un pingouin pour la traversée du désert. Une petite signature dans une librairie ? Naturellement, allons-y, j’allais justement vous le proposer ! Et ne voudriez-vous pas faire partie du jury pour la prochaine attribution du prix du livre Rhône-Alpes jeunesse ? Mais comment donc, bien volontiers, me voici, par élémentaire gratitude autant que par curiosité.

Dernière offre impossible à refuser : on vient de m’inviter à donner une lecture à l’occasion de la sortie du livre Dans les pas des écrivains en Rhône-Alpes. Oh, mais naturellement, à votre service, tout le plaisir est pour moi. L’événement aura lieu, donc, lundi prochain 16 juin, à l’antenne régionale de Grenoble, 2 rue de la Poste. Le principe, c’est que des écrivains vivants rendent hommage à des écrivains morts, en lisant quelques pages que ces derniers (les derniers furent les premiers, comme on sait) ont consacré à la région Rhône-Alpes.

La liste des morts m’a été remise ; je ne connais pas celle des vivants, à part moi, mais je sais au moins qu’il y aura mon excellente camarade Elisabeth Combres.

Ce que je vais lire ? Je n’ai pas encore choisi. Je vais m’efforcer de contourner Stendhal. Sûrement Perec, comme de juste. Peut-être Giono. Peut-être Sade, pour rire. Peut-être Frédéric Dard. On va voir.

Bons baisers d’Annemasse

01/06/2008 4 commentaires

J’arrive.

J’achève mon mai surchargé, ma tournée VRP littéraire. Je défais mes valises, je recharge mes batteries, j’home sweet home.

Bilan chiffré de ma villégiature au Festival du livre jeunesse d’Annemasse : une semaine d’animations scolaires autour de mon petit Posthume à fond le planning (record absolu pour la journée du vendredi : j’ai fait face à 9 classes en cinq séances, de 8h du mat à 17h, puis table-ronde tout-public le soir, soit environ une dizaine d’heures debout sur le pont – j’explose les préconisations de la Charte allègrement, et de mon propre chef dois-je préciser afin de ne mettre personne en porte-à-faux), 28 classes au total, presque uniquement des 6e et des 5e, sauf des CM1-CM2 le dernier jour, soit un certain nombre d’occurrences de la question « Comment devient-on auteur » m’obligeant sans relâche à trouver des vérités au fond de mes variations, quelques 600 gamins, quelques adultes, des bibliothécaires très pros et charmantes (merci Nadine, Céline, Catherine, etceterine), des documentalistes désabusées, des libraires volubiles, des lecteurs, des non-lecteurs, des enfants épatés, des enfants blasés, de la pluie et du ciel gris et ensuite de la pluie, des tas de kilomètres en voiture pour passer d’un collège à l’autre (les lignes de crête et les paysages autour d’Annemasse sont superbes, alors que la ville est, au mieux, quelconque), quatre nuits d’hôtel et quatre jours de repas en cantine (beaucoup de frites, aucun fruit, le scorbut rôde), une dizaine d’auteurs alentour (collègues et parfois amis, salut Mathis), un débat ludique et étrange où les auteurs esquissent puis abandonnent une discussion sur la matière première des livres (des mots ? des idées ? des émotions ? qu’ai-je à dire là-dessus ? où suis-je ?), et durant lequel Bruno Gibert estime que ces questions sont mauvaises et que les seules correctes à lui poser seraient « Comment allez-vous ? Etes-vous heureux ? », enfin un salon sous chapiteau, presque dix livres vendus et dédicacés en quatre heures s’il vous plait – dont deux exemplaires de l’Echoppe.

Que dire ? J’aime et je sature, ces apparitions publiques m’usent et m’amusent, sont tout à la fois éreintantes et trop faciles. Je raconte aux enfants que ce que je voulais, moi, et dès longtemps, ce n’est pas « être auteur », mais « écrire », et que s’ils comprennent la nuance, ils ont saisi la moitié de ce que je peux leur apporter dans l’heure que nous passerons ensemble ; qu’écrire est difficile, qu’alors je suis tout seul avec mon stylo, ma cervelle et mes nerfs, et qu’il faut gratter et creuser et sculpter et fouailler et formuler et aboutir, et que c’est là l’enjeu, c’est là le but, c’est là l’envie viscérale, le risque de réussir ou échouer ; qu’en revanche « être auteur », c’est seulement ce que je suis en train de faire devant eux, mon show, pas désagréable, mais pas comparable, « être auteur » c’est juste être pris pour un auteur, fastoche, je ne suis pas très inquiet, j’y arriverai presque à coup sûr, même avec la neuvième classe de la journée. J’essaye de nouer un vrai contact à chaque fois, de ne pas me caricaturer, de ne pas réciter. Au bout de la semaine, forcément, c’est moins commode qu’au début.

« Etre auteur » est largement mieux payé qu’ « écrire ». C’est bizarre. Mais peut-être pas anormal, par les tristes temps qui courent.

Des anecdotes, des impressions ? Oui, bien sûr, plein.

Je cherche toujours à identifier, représentation après représentation, ce qui distingue une classe d’une autre, afin de n’avoir pas un souvenir unique, global et flou, qui me ferait croire qu »Annemasse c’est comme ceci » ou « comme cela ». Ainsi j’ai, comme jamais auparavant, perçu la différence entre les 6e et les 5e. J’exprime platement, et peut-être naïvement, ce que j’ai ressenti comme une révélation : au fil du compte à rebours, entre le six et le cinq, c’est tout l’abîme qui sépare l’enfance et l’adolescence. Les 6e sont encore spontanés et curieux, ils emplissent la salle par le premier rang ; les 5e sont déjà soupçonneux et ricaneurs, un peu ailleurs, et ils emplissent la salle en commençant par le dernier rang.

Autre hiatus, et pas moindre : les collèges publics et privés. On a beau se trouver, dans chacun de ces deux mondes, en face d’enfants, et savoir que tous les enfants sont comme le tien, les enfants ici et là n’ont pas le même rapport à l’argent, à la réussite, à l’avenir. Ceux du public rament, ils auront à se battre et se battent déjà ; ceux du privé sont souvent meilleurs élèves, mais sans trop se forcer (mentalité frontalière qu’un documentaliste m’a expliquée : à quoi bon foutre quoi que ce soit à l’école, puisque je peux comme papa et maman gagner ma vie en Suisse, quatre fois mieux qu’en France ?). Du coup, des nuances existent dans leurs réactions : quand je leur explique que « Non, je ne gagne pas ma vie avec mes livres, mais tant mieux, je ne les fais pas pour l’argent, je les fais pour quelque chose de plus important, car à part lorsqu’on a faim (et je n’ai pas faim), l’argent est la pire raison de faire quoi que ce soit, c’est avilissant », certes Je leur parle une langue étrangère des deux côtés de la guerre scolaire ; mais dans le public ils me prennent pour un fou, tandis que dans le privé ils me prennent pour un con.

Lors d’une rencontre avec une 5e, une fille assise au fond du CDI n’a pas dit un mot, et semblait même ne rien écouter. Après la sonnerie, quand tous déguerpissaient vite-vite, elle est passée devant moi et, toujours sans un mot, m’a remis ce qu’elle avait fait de cette heure-ci : un portrait de moi qui, pour ce que je sais de mon apparence, est étrangement ressemblant. Merci Mylène.

Rendez-vous chez Isabelle

01/05/2008 un commentaire

Ci-dessous, des précisions données par Anne-Lise Blanchard sur la soirée « Chez Isabelle » (cherchez pas, elle n’y sera pas, Isabelle, elle est partie en laissant seulement son prénom), le 20 mai prochain à Lyon :

Bonjour,

Les Mardis d’Isabelle accueillent mardi 20 mai à 20h

Fabrice Vigne en duo avec Christophe Sacchetini pour une lecture musicale de son dernier roman « Les Giètes »

35 rue Sainte-Hélène 69002 Lyon M° Bellecour

Participation : 3 euros et un mets ou une boisson

Réservation : 06 63 92 97 23, aliseblanchard69@yahoo.fr

Soirée fabuleuse en perspective. Faites-le savoir et venez nombreux !

Les romans de Fabrice seront disponibles.

Amicalement, Anne-Lise

Sur la route encore

25/04/2008 2 commentaires

Le mois de mai 2008 s’annonce comme le plus chargé de ma « carrière » de VRP littéraire (métier distinct de celui d’écrivain), et je serai, la seconde quinzaine, plus souvent en vadrouille que chez moi. Une telle densité d’apparitions publiques ne se renouvelera sans doute jamais. Plusieurs raisons à cette configuration astrale : cette année est celle où je reçois encore des invitations pour mes vieux livres et déjà pour le nouveau ; mai est le mois où les collèges et lycées invitent le plus fréquemment (fin d’année, aboutissement des projets) ; et surtout le prix Rhône-Alpes m’a propulsé à la mode, je suis « élu produit de l’année » comme dit l’autre, on me réclame dans des librairies, des bibliothèques. Je ne refuse rien, pas encore blasé. Et encore ! Mes dates en Bretagne (5 et 6 mai) ont été supprimées, à mon grand désappointement (la bise à Cécile, toutefois). Je fais le point sur le reste :

Vendredi 16 à Chambéry : rencontre d’enfants l’après-midi à Cognin (le Posthume), puis d’adultes (les Giètes) à 18h au « Café des auteurs » du Festival du Premier roman (ah, ça va me rappeler des choses ! Quel dommage que je ne dorme pas à l’Hôtel des Princes !) ;

Lundi 19 à Pont de Chéruy : rencontre au lycée La Pléiade, autour de TS ;

Mardi 20 à Lyon : en journée, des rencontres (sans doute des lycées) à la librairie « La marmite aux livres » dans le cadre du PRAL aux Giètes, puis le soir « lecture en appartement » s’inscrivant dans le cycle des « Mardis d’Isabelle » tenus par Anne-Lise Blanchard, que je cite, « Les soirées fonctionnent ainsi : l’hôtesse accueille 35 rue Sainte-Hélène Lyon 2ème, j’organise, les auditeurs-lecteurs apportent une contribution en boisson ou en mets, outre leur participation de 3 euros… » J’espère pouvoir refaire à cette occasion la lecture musicale donnée le mois dernier chez les Modernes en compagnie de mon excellent camarade Christophe Sacchettini ;

Vendredi 23 à Lourmarin : rencontres dans les écoles et la bibliothèque (et si j’ai quelques minutes, j’irai me recueillir sur la tombe d’Albert Camus) ;

Lundi 26 à Orléans : une très prometteuse rencontre en lycée, avec écriture et photos… ;

Mardi 27 à samedi 31 : une semaine, oui je dis bien UNE SEMAINE à Annemasse, au festival du livre jeunesse, des classes à tire-larigot puis dédicaces au le samedi, avec une escapade le mercredi après-midi pour une rencontre dans une librairie de Bonneville.

Mardi 3 juin à Martigues : rencontre au collège autour du Posthume, dans les classes très motivées semble-t-il de Mme Paloma Karle (mère de Vincent Karle, avec qui j’ai un éditeur en commun, c’est fou ce que le monde est petit) ;

Heureusement qu’il y a des jours fériés, en mai. Et L’Echoppe, avec tout ça ? On n’en a jamais été aussi près.

Performance à la librairie « Les Modernes » le 18 avril à 18h00

10/04/2008 un commentaire

La dernière fois qu’ils se sont trouvés ensemble sur une scène, c’était en 1985 (pour un spectacle Karl Valentin).
C’est dire s’ils ne s’en souviennent plus.
Depuis, ils ont grandi (
mûri / vieilli) et se sont lancés, chacun de son côté, dans la production artisanale de petites choses à faire du bien.

L’un est devenu écrivain, l’autre musicien.

Ils ont écrit et enregistré séparément des trucs vraiment pas mal, qui gagnent à être connus. Si, si ! Mais depuis longtemps, ils n’avaient rien fait d’autre ensemble que de parler de littérature tard le soir après avoir vidé des bouteilles (par terre, parfaitement, ça fait pousser l’espoir entre les pavés)
Pour rafraîchir cette mémoire, ils feront leur come-back sur scène

vendredi 18 avril à 18h


à la Librairie « Les Modernes »
(c’est le nom d’un très beau film d’Alan Rudolph…vous vous en foutez ?)
6 rue Lakanal

GRENOBLE

Tel. 04 76 27 41 50

Fabrice lira des extraits de son dernier opus

Les Giètes (ed. Thierry Magnier, 2007)
Prix Rhône-Alpes du Livre Jeunesse 2008 (scoop : ça n’est pas un livre jeunesse).
Justement, c’est une histoire de mémoire.

Christophe jouera des instruments de musique.

Il y aura à boire aussi. (là, je sens que vous n’hésitez plus)

A vous y retrouver !

Fabrice Vigne www.fonddutiroir.com
Christophe Sacchettini www.mustradem.com

Pour qu’une chose soit intéressante, il suffit de la regarder longtemps.
(Gustave Flaubert, Correspondance)