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Gisèle et moi

03/04/2009 2 commentaires

Gisèle Halimi et moi

L’essentiel, lorsqu’on passe trois jours sur un stand, dans un salon du livre et dans le brouhaha, est de demeurer patient. Ferme et stoïque. On a fait des beaux livres, on est là pour les introduire dans le monde, on espère les vendre un peu malgré la crise mondiale (mondiale, ça veut dire « partout-partout »), afin de dégager les moyens d’en fabriquer un autre plus tard. On attend le chaland.

Le chaland s’arrête. S’il feuillette et déclare en souriant : « c’est joli », la journée est très mal barrée, le chaland refermera sans aucun doute  l’ouvrage et vaquera plus loin ; cette leçon de vie, maintes fois vérifiée, m’a été aimablement fournie par ce vieux briscard d’Hervé Bougel. Parfois, aussi, le chaland engage la conversation : « Ah, vous avez écrit un livre sur IKEA ? Vous vous êtes inspiré de Vincent Delerm, c’est ça ? C’est très à la mode… (chantonne) Page 123, du catalogue IKEA, tralala… »

Droit dans mes bottes et debout à mon stand, je l’affirme sans affectation, mais plutôt avec patience, fermeté et, disons-le, stoïcisme : plutôt crever que m’inspirer jamais de Vincent Delerm. Qu’ai-je besoin d’un Fanny Ardant et moi, quand je puis afficher le document ci-dessus, qui montre clairement et sans ambigüité Gisèle Halimi (assise) et moi (debout), assaillis par la foule sur notre stand du Printemps du livre de Grenoble.

Ce facétieux quoiqu’authentique cliché est issu de l’album photo du pré-carreleur pré-cité et pré-cautionneux Hervé Bougel, compte-rendu rétinien du salon de Grenoble que vous êtes invités à cousulter sur son blog. Parmi les scoops en image, vous y découvrirez le visage avenant de Marilyne Mangione.

Et ton coeur et mon coeur sont repeints au vin blanc

09/03/2009 un commentaire

Rebelle en ayant un stand ?

« Il n’y a pas d’éditeur, il n’y a que des preuves d’éditeur ». (C’est de qui, ça, déjà ? Jean Cocteau, je crois, ou Pierre Reverdy, je ne sais plus, ou alors je me goure.) Quand j’ai reçu la plaquette du Printemps de Grenoble, j’ai bien ri en constatant que le Fond du Tiroir était coincé, par ordre alphabétique des éditeurs régionaux invités, entre les éditions du Dauphiné libéré, et la Maison de la poésie en Rhône-Alpes. Ah oui, c’est bien sa place, tiens, juste pile, je le saurai si on me demande.

C’est dingue : le Fond du Tiroir ressemble de plus en plus à un éditeur, puisqu’il tiendra un stand dans un salon du livre. Vous pourrez venir à ce stand, comme pour de vrai, faisons semblant de rien, pour discuter et vous faire dédicacer des livres, par mézigue mais également par Marilyne Mangione, qui a aimablement accepté de faire le pied de grue en ma compagnie (vous allez voir comme nous sommes gracieux en pieds de grue). Nous serons sous le chapiteau du salon de Grenoble, du vendredi 27 mars au dimanche 29, par intermittence, selon arrivage des produits frais, voisinant comme par un fait exprès avec celui qui m’a présenté à Marilyne, Hervé Bougel, autre cowboy solitaire et fringant.

Et le Tiroir, au Fond, comment va-t-il ? Eh bien, pas si fort, pour ne rien vous cacher. J’ai traversé une mauvaise passe, de tristesse et de découragement. Pour certaines raisons déjà évoquées, mais aussi, plus profondément parce que le troisième livre qui vole de ses propres ailes, ABC Mademoiselle, m’a coûté les yeux de la tête (je suis loin d’avoir fini de le payer, j’ai dû faire un emprunt) et ne s’est pratiquement pas vendu. La crise mondiale (et même partout-partout) se fait sentir ici aussi, finalement. Les temps sont durs.

Certains jours je me demandais mélancoliquement si tout ceci valait la chandelle, si cette auto-édition avait un autre sens qu’un caprice à long feu comme certaines bonnes âmes me l’ont susurré dans mon propre intérêt, et je me trouvais fort misérable d’être réduit à cette situation dégradante, douloureuse et vulgaire (vulgaire au sens de sort commun, hélas) : en permanence je pensais au fric – au lieu que de penser en permanence au sexe, comme n’importe quelle personne normale et libre. Merde, je n’avais tout de même pas créé le Fond du Tiroir pour en arriver là… Autant tout laisser tomber… La tentation était grande de fermer le tiroir, placer la clef sous le paillasson et passer à autre chose. Un an à m’amuser, c’était joli.

Mais je prends en main l’ABC, je le feuillette, je le trouve incroyablement beau, mon plus beau, et ça me revient : ah, oui, c’est vrai, c’est pour cette joie-là, que je l’ai créé, le Fond du Tiroir. Pour faire mon plus beau livre à chaque fois. Alors je me remets au prochain ; il est quasi-prêt. Sans blague, ce sera mon plus beau.

Envoyons d’l’avant, nos gens ! Retrouvons l’allant, le printemps, et la curiosité. Tiens, ceci : je note avec intérêt que, tandis qu’à Grenoble le salon du livre choisit d’honorer « les graines de rebelles », celui de Villeurbanne (j’y serai le mois prochain) vient d’annoncer son thème pour 2010 : « Résistances ». Attendez, c’est quelque chose dans l’air, ou quoi ?

Rubrique « Du pain et des jeux », suite : sur le blog dudit salon de Villeurbanne, vous trouverez un concours amusant, 22 trombines à reconnaître, 22 résistants-rebelles qui avancent masqués. Moi, j’ai vu où je suis, mais qui sont les 21 autres ? Sur ce, pardon, mais je vais plutôt faire du pain. Et en cadeau ci-dessous, la Cosa mentale de Marilyne Mangione, c’est beau comme du bon pain.

Le roi de la réclame

25/02/2009 Aucun commentaire

yalepapouapouetlepapoupahapouVous vous trouverez à Grenoble, par habitude ou par exception, le samedi 7 mars prochain au soir ? Alors, j’ai un super bon plan pour vous ! Vous avez de quoi noter ?

Toute l’équipe des Papous dans la tête enregistrera sa prochaine émission en public à l’Amphidice, salle de spectacle de l’Université Stendhal, sur le campus de Saint-Martin-d’Hères. Entrée libre et gratuite, ouverture des portes à 18h15, enregistrement de 19h à 21h.

En plus, il y aura même Jean-Bernard Pouy. Un rendez-vous avec des érudits farceurs, des acrobates de la rhétorique, à ne manquer sous aucun prétexte !

(Je vais cependant le manquer. Ce même soir, je jouerai avec Christophe Sacchettini “les Giètes, the musical”, en version spectacle d’appartement, dans le même Grenoble. Renseignements auprès de l’hôtesse, Rachel Divisia… Je vous inviterais bien, mais puisque vous préférez aller écouter les Papous, tant pis pour vous… Enfin bon, Rachel, elle, vous invite, il vous suffit de cliquer ici.)

Je dis ça, je dis rien

04/02/2009 8 commentaires

Abaissez quoi, au juste ?

ABC Mademoiselle : un troisième opus jaillit orgasmatiquement du tréfonds du tiroir. C’est mon huitième livre, je dis ça, je dis rien…

Et c’est mon premier livre érotique, je dis ça, je dis rien…

Je réalise au passage que, jusqu’à présent, je n’avais encore jamais publié trois livres chez le même éditeur. Un seul chez l’Ampoule, deux chez Magnier, deux chez Castells.

Trois chez moi.

Je dis ça, je ne dis rien de spécial.

Ce que je dis, en revanche, c’est que vous êtes cordialement invités au vernissage du nouveau-né, demain jeudi 5 février 2008 à 18h30 à la bibliothèque du centre-ville de Grenoble, où la charmante Marilyne Mangione et moi-même tâcherons d’accomplir une lecture de cet ouvrage en conservant notre sang-froid.

Et puis faites-vous donc plaisir en commandant l’ouvrage, car du même coup vous me ferez également plaisir : cet ABC a beau chanter les plaisirs solitaires, quand c’est partagé, c’est bien, aussi.

Voilà l'invitation diffusée par Marilyne. Je suis très choqué ! Je suis un auteur jeunesse, moi ! C'est obscène ! Indécent ! Scandaleux ! Que fait la police des moeurs ?

(bien sîr que c’est fait exprès, les deux V de Février, qu’est-ce que vous croyez.)

Saint-Paul-Trois-Histoires

02/02/2009 8 commentaires

Simple et subtil : signé Sara

Je rentre fourbu et bienheureux de mes cinq jours à Saint-Paul-Trois-Châteaux. Lors de ma première participation à SP3C, en 2006, j’avais conclu qu’il s’agissait du meilleur salon du livre du monde. Or j’avais une solide expérience qui autorisait les comparaisons : des salons du livres, j’en avais déjà faits au moins deux. SP3C m’a réinvité en 2009, et je suis ravi de constater qu’il s’agit toujours du meilleur salon du monde. Or je peux en parler avec autorité, car entre temps mon expérience n’a fait que croître : des salons, aujourd’hui, sans me vanter, j’en ai faits au moins huit.

SP3C a trouvé la formule magique, l’équilibre parfait. L’équilibre entre la fête et le sérieux (ah, être pris au sérieux, pour un écrivain « jeunesse », ça n’a pas de prix), entre les agapes où l’on est reçu comme un prince et les débats où l’on peut vraiment s’exprimer sur son travail (les gens écoutent ! c’est dingue !), entre les rencontres scolaires et les retrouvailles professionnelles, entre le commerce et l’échange l’humain (car l’on est en droit de coller une tarte à quiconque déclare ou seulement pense que l’un est réductible à l’autre), entre le cerveau et le cœur. Comme le dit Susie Morgenstern (ma voisine de stand –  j’avais du bol) : « Dans le milieu de la littérature jeunesse, lorsqu’on entend pour la première fois un auteur dire « Je suis invité à Saint-Paul-Trois-Châteaux », on répond : « C’est où ? »… Mais ensuite, une fois que l’on sait, on répond : « Veinard ! »

J’ai vécu ces jours auprès de personnes que j’aime et/ou que j’admire (et que même, parfois, je connais), Jeanne Benameur, Philippe-Jean Catinchi, Mathis, Sara, Susie Morgenstern, Kochka, Jean-Philippe Blondel, Bruno Heitz, Hubert Ben Kemoun, Lucie Land… et au fin tréfonds des choses et des illusions et des ambitions et des alouettes littéraires, je ne sache pas qu’il y ait mieux à espérer d’un salon ou de la vie, que de passer un peu de temps en compagnie de personnes que l’on aime et/ou que l’on admire (et que même, parfois, l’on connaît).

Pour remercier Saint-Paul depuis mon Tiroir en chambre d’écho, ci-dessous trois histoires que j’en ai retirées, en échange de celles que j’y ai laissées : élémentaire échantillon d’émotions advenues, sur place et à emporter. J’aurais pu en choisir trois autres, je n’avais que l’embarras, mais ce sont ces trois-là.

Un récit qu’on m’a offert ; un conte que j’ai choppé au vol ; et un morceau de vie qui m’est tombé sur le coin de la figure.

Première histoire

Le premier matin, après la nuit dans l’hôtel où je dormais assez mal (seule occasion dans ma vie de dormir jamais dans un hôtel quatre étoiles, et je dors mal ! quel snob je fais !) je pénètre chiffonné dans la salle du petit déjeuner. Je m’assoies à la table de Kochka, que j’ai déjà rencontrée ailleurs, qui me touche beaucoup par sa douceur et sa fragilité. Nous bavardons. Au fil du bavardage, surviennent des paroles tout sauf anodines : elle me parle de l’un de ses enfants, autiste. Les anecdotes qu’elle me tend me bouleversent par surprise. Celle-ci :

« Quand Mathieu était petit, il n’y avait que le bruit de la pluie qui le calmait. Alors, dans les moments de stress, il faisait la pluie : il attrapait tout ce qui lui tombait sous la main, le jetait en l’air, et le regardait tomber. Il le faisait très souvent dans sa classe. Sa maîtresse a fini par trouver comment réagir : elle a confectionné un « costume de ramasseur de pluie », ciré jaune et chapeau, qu’elle a attribué tour à tour aux élèves. Le ramasseur de pluie était chargé de tout remettre en ordre après l’averse… »

J’ai traversé toute la journée en résonance de ce récit du matin, qui m’avait donné le la. Tous les contacts humains qui ont suivi ont vibré à l’aune de cette exemplaire délicatesse. Y compris la grève nationale qui commençait de gronder, et les manifs partout dont nous entendions l’écho : savoir qu’une maîtresse aussi géniale existe, reprendre espoir grâce à elle dans le genre humain, et regarder le gouvernement laminer l’Education Nationale ?

Merci Kochka.

Deuxième histoire

L’un des invités de SP3C était le conteur libanais Jihad Darwiche. J’ai assisté au spectacle qu’il donnait en duo avec sa fille. Je me suis laissé bercer par leurs deux jolies voix, mais j’avoue que je n’ai pas reçu semblablement chacun de leurs contes, j’ai bien souvent décroché au cours de la soirée. J’ai retenu au moins, et je retiendrai longtemps je l’espère, cette histoire-ci, tellement simple et tellement sage :

Il était une fois un vieux derviche que tous ses disciples révéraient pour son calme, son détachement, et sa sérénité. Il ne haussait pas la voix, ne semblait jamais inquiet, et endurait les joies et les malheurs avec la même patience, comme s’il pesait de très haut, de très loin, l’importance et la futilité des choses et des existences.

Une famine survint, qui fit de nombreux morts ; le derviche resta serein. Un séisme survint, qui dévasta le pays ; le derviche resta serein. La guerre survint, qui déchira les hommes et les peuples ; le derviche resta serein.

Ses disciples interloqués cherchaient à pénétrer son secret : « Comment fais-tu, ô maître, pour conserver ton calme en toutes circonstances ? » Le derviche répondit : « Je puise mon calme dans ce qu’il y a entre les pages du Saint Coran ».

Les disciples, très impressionnés, tentèrent d’appliquer cette leçon à leur propre vie. Ils lirent et relirent leur Saint Coran, jusqu’à le savoir par cœur. Mais le jour où survint une nouvelle famine, un nouveau séisme ou une nouvelle guerre, cette leçon s’évanouit instantanément et les disciples s’abandonnèrent aux affres, aux angoisses, à la lutte, au désespoir. Le secret du derviche, qui demeurait inébranlable, leur échappait. Lisait-il le Saint Coran mieux que les autres mortels ?

Le jour où le sage derviche mourut, très vieux, très calme, et très serein, ses disciples le pleurèrent à chaudes larmes. Ils lui rendirent hommage, et voulurent, pour son enterrement, lire quelques pages du Saint Coran. Il s’emparèrent du Coran du derviche, l’ouvrirent, et il s’en échappa une fleur séchée, qu’autrefois sa bien-aimée lui avait offerte.

Merci Jihad.

Troisième histoire

Jeudi après-midi, la classe de CM2 que je rencontrais se trouvait à Malataverne, un village à 30 kms de Saint-Paul. La rencontre était consacrée à La Mèche, fait exceptionnel étant donné que ce livre est introuvable (la classe avait travaillé sur tirages papiers du PDF…), et cela me faisait grand plaisir, j’étais drôle, volubile, énergique, énergétique.
Fin de la séance, 16h30, sonnerie, heure des mamans, brouhaha… Une petite fille enjouée, épanouie, se lève pendant que les autres rangent leurs affaires, elle vient me voir et me dit : « Au fait, c’est moi qui vous remmène à Saint-Paul en voiture…
– Ah bon ? Tu as le permis ?
– Meuh non, c’est ma maman… (et elle rit). »
Je sors avec elle sur le trottoir. Sa mère est bien là. Elle pleure, consolée par des amies.
Je suis emmerdé. Je ne sais comment réagir. Je n’arrive pas à poser de questions, sinon un plat et décalé : « Ça va ?
– Qu’est-ce qu’il y a, maman ? Pourquoi tu pleures ?
– C’est rien, c’est rien… Alors, ça s’est bien passé avec l’auteur ?
– Oui mais quoi ? Qu’est-ce qu’il y a, maman ? C’est mamie, c’est ça ?
– Mais non, mais non, c’est rien, je te dirai… alors, ça va ? »
On s’installe dans la voiture, moi côté passager, la petite à l’arrière. La mère retient ses larmes. Chacun de nous attache sa ceinture.
« Mais dis-moi, maman ! C’est mamie ? Hein, c’est mamie ?
– Je te dirai. Alors cette rencontre ? Tu es contente ?
– Voui ! »
Je discute avec la gamine pour faire diversion.
« Dis-moi Harmony, est-ce qu’au moins, tu l’avais repéré, le message caché, dans la Mèche ?
– Ben non…
– Alors voilà : regarde, il est là.
– Wouah ! C’est drôlement bien ! La maîtresse l’avait même pas vu ! J’ai le droit de le dire à tout le monde ?
– Tu fais comme tu veux, Harmony. Le sujet de ce livre, c’est que quand on grandit, on est capable d’apprendre des choses. Après, on devient responsable de ces choses. Tu es grande, Harmony ! Débrouille-toi !
– D’accord… Je vais réfléchir… »
Et la mère, pendant ce temps, pleure au volant. Les larmes ont pris le dessus. Elle fixe la route. Je lui glisse : « Bon courage », j’ai envie de pleurer avec elle, à la place je ris avec la petite fille, c’est peut-être ce que j’ai de mieux à faire.
« Je crois comprendre que je tombe mal… Si vous ne vous sentiez pas de faire le voyage, vous auriez peut-être pu vous faire remplacer ?
– Non, non, je m’étais engagée à vous ramener, je le fais… Si le salon du livre tient debout, c’est grâce aux 80 bénévoles comme moi. Il faut savoir ce qu’on veut. Si personne ne se bouge, on ne fait plus rien pour les enfants. C’est important, les livres. »

Merci. Voilà. C’est important. Il faut bien que quelqu’un se bouge. Vive Saint-Paul-Trois-Châteaux, vivent les bénévoles, et les livres. Salut, bonne route et fraternité.

Sous les jupes des filles ? Une fleur.

21/01/2009 2 commentaires

gentil coquelicot, mesdames

« Le premier homme qui compara une femme à une fleur était un poète ; le deuxième était déjà un imbécile. » (Orson Welles, je crois. Mais peut-être que lui-même citait quelqu’un d’autre ?)

Tant pis ! Je suis le dernier (en date) des imbéciles ! J’aime les fleurs, elles sentent bon, et leur parfum est toujours neuf, figurez-vous.

Ci-dessus une composition florale que Marilyne Mangione a déclinée de l’une de ses 26 lettrines (la « D »). Marilyne expose ses belles-lettres (ainsi que quelques autres travaux) à la bibliothèque du centre-ville de Grenoble du 3 au 28 février 2009. Je la rejoindrai le jeudi 5 à 18h30 au même endroit, pour une lecture à deux voix de l’ABC Mademoiselle, et pour la sortie officielle de cet objet d’art, troisième Fond-du-tiroir, livre sensuel et insensé, hédonisme éhonté qui me ruine et que pourtant je vends très peu cher (20 euros ! tu parles ! il m’en coûte pratiquement autant ! Je vous fais une fleur, pour le coup !), au beau milieu de la crise non seulement mondiale mais en plus partout-partout.

Si vous ne pouvez assister à la lecture, c’est fort regrettable pour vous, mais consolez-vous je vous en prie en commandant l’ouvrage.

Voyages d’hiver

20/01/2009 3 commentaires

C'est joli aussi, le bleu.

Voici mes dates de tournée cet hiver.

  • Mardi 27 janvier : lycée Récamier à Lyon (classes de seconde et première autour de TS et des Giètes) puis, à 17h, rencontre dans la librairie L’Etourdi de Saint-Paul, 4 rue Octavio Mey, Lyon – ultime rencontre subventionnée Rhône-Alpes dans le cadre du PRAL.
  • Du mercredi 28 janvier au dimanche 1er février : Fête du livre jeunesse de Saint-Paul-Trois-Centrales-Nucléaires (hé, je blague, hein ! sans rire, je suis fou de joie de retourner à Saint-Paul-Trois-Châteaux ! J’adore Saint-Paul-Trois-Châteaux ! je n’oublierai pas mes capsules d’iode !), avec notamment au programme :
  1. une tripotée de rencontres scolaires du CM2 à la 3e,
  2. Mercredi 28, 16h30 : portrait de votre serviteur dans l’espace débat du salon ; 20h : lectures de textes de ma bonne marraine Jeanne Benameur (en compagnie de Bernard Friot).
  3. Jeudi 29 (jour de grève nationale ! donc programme sous réserve), 10h45 : intervention dans le cadre des journées professionnelles, sur le thème Ce qui nourrit la création littéraire (Le thème global du salon, cette année, étant « Se nourrir pour grandir »), en compagnie de la même Jeanne B. et de Hubert Ben Kemoun.
  4. Dimanche 1er février, 16h : partez pas, il en reste ! Le salon de Sain-Paul n’est pas encore terminé ! Christophe Sacchettini et moi-même donnerons notre pestacle musical adapté des Giètes.
  • Jeudi 5 février 18h30 : lecture d’ABC Mademoiselle avec Marilyne Mangione, à la bibliothèque du centre ville de Grenoble, à l’occasion de la sortie de ce livre échappé du Tiroir, dont je vous recauserai, évidemment. Cette lecture-ci, contrairement à celles sus-évoquées, me flanque un trac terrible, je ne sais pas encore comment on va faire… Une seule chose est sûre : les belles gravures de Marilyne, à l’origine de ce texte, seront exposées à la bibliothèque du 3 au 28 février…
  • Mercredi 18/jeudi 19 février : variation sur les Giètes, toujours avec Christophe, lors d’un stage de musiques improvisées en Ardèche. Je ne sais pas au juste où ça se passe, il faudrait que je prenne du souci…
  • Mardi 3 mars : rencontre à la bibliothèque Malraux de Saint-Martin d’Hères.
  • Samedi 7 mars : « les Giètes, the musical », en version spectacle d’appartement, toujours à Grenoble. Renseignements auprès de l’hôtesse : demander Rachel au 04 76 42 56 31/06 79 46 96 95.
  • Lundi 23 au jeudi 26 Mars, pas à proprement une tournée, mais largement aussi bien : un voyage d’étude à la foire internationale du livre de jeunesse de Bologne. Chic !
  • Week-end du 28-29 mars : le FdT aura son stand sur le Printemps du livre de Grenoble.
  • Lundi 30 mars : rencontres au lycée Albert Thomas (Roanne).
  • Mardi 31 mars : rencontres au lycée Mounier (Grenoble), avec l’après-midi exécution des Giètes Musicales avec Christophe et ses instruments.
  • Samedi 4 avril 20h30, à Charavines : Giètes again lues et musiquées par Christophe et mézigue, à l’invitation de l’association « De bouche à oreille« . Ce sera peut-être l’ultime représentation (à moins bien sûr que quelqu’un nous le réclame expressément et poliment) de ce spectacle qui aura tourné un an, c’est pas mal.
  • et on arrête là parce qu’on sera déjà sorti de l’hiver.

Et si c’est le vrai Voyage d’hiver que vous cherchiez, rendez-vous plutôt ici.

Ou éventuellement .

Les photos, ça sert à faire des souvenirs

17/11/2008 un commentaire

Et voici une archive sans rapport avec une quelconque « actualité », si ce n’est que j’ai actuellement retrouvé ce document.

Ci-dessus une photo prise en mars 2007, au salon du livre de Paris, juste après la sortie des Giètes. De gauche à droite : Francis Jolly, directeur de la collection Photoroman ; mézigue ; Anne Rehbinder, photographe, auteure des photos à l’origine des Giètes – c’était la première (et avant-dernière) fois que je rencontrais cette jeune femme avec qui j’ai fait un livre.

Le cliché a été pris par Yannick Vigouroux, photographe, critique, « dépressif actif » (selon la définition qu’il donne de lui même sur son blog que je vous recommande : il y a là plein de choses fort curieuses) ainsi que, au moment du déclic, compagnon de stand puisque signataire avec Sylvain Estibal du photoroman Naufragée, l’un des plus réussis de la collection, si vous voulez mon avis.

Tiens, tant que je suis là, un peu de réclame en lien à « l’actualité » : je serai ce samedi 22 au salon Objectif lire, Pont-de-claix, avec la lecture musicale des Giètes en compagnie Christophe S. en soirée de clôture, à 18h30. Entrée libre, venez de même.

Pas le même monde

10/10/2008 un commentaire

Mais je m’en contrefous, moi, de la crise boursière et bancaire partout-partout « sans précédent » ! Je n’ai pas de portefeuille d’actions, et si peu de chose sur mon livret A… Je pense à autre chose…

Allez savoir pourquoi je pense beaucoup à lui, en ce moment. Je repense à ce petit gars, lors d’une rencontre scolaire à Annemasse au printemps dernier, en 6e je crois, à la toute fin d’un marathon en collège, c’était ma neuvième classe de la journée, et loin d’être la moins stimulante. Une classe dite « difficile », un collège de banlieue dure (genre, comme au cinéma palmé d’or ces jours-ci), des mômes mal barrés dans la vie parce que typés dès l’origine, « ghettoïsés » et intériorisant la ghettoïsation, turbulents, tchatcheurs, non-lecteurs presque absolus, pour certains des bombes à retardement mais pour l’heure simplement des enfants, en 6e encore, sympathiques comme tout, rigolos, vivants.

Ce p’tit bonhomme, donc : vif, spontané, curieux, au premier rang du CDI, les yeux avides et la langue pendue. Il n’avait pas lu mon bouquin, il en avait seulement et lointainement entendu parler par sa prof, et cela ne l’empêchait en rien de poser plus de questions que tout le reste de sa classe, il s’intéressait énormément. Je retranscris ci-dessous trois de ses étranges interrogations, trois préoccupations sans aucun doute liées de façon subliminale, peut-être plus éclairantes pour moi que ne le furent pour lui mes réponses :

1) « Est-ce que Sarkozy, il connaît vos livres ?
– Euh… C’est extrêmement peu probable. Moi, je suis obligé de m’intéresser à lui, mais le contraire n’est pas vrai, il ne sait pas que j’existe. Sarkozy et moi vivons dans le même pays, mais pas dans le même monde [Note-de-bas-de-page en plein milieu de la page – Je réalise aujourd’hui, en consignant mes paroles, que je plagiais alors Bertrand Cantat qui évoqua en ces termes, lors du pince-fesses « Victoires de la musique 2002 », le PDG de Vivendi-Universal : « si nous sommes embarqués dans la même galère, nous ne sommes pas du même monde »]. Mais ta question m’étonne… C’est donc important, pour toi, que Sarkozy connaisse mes livres ? Ça changerait leur valeur ? En bien, ou en mal ? Dans quel monde vis-tu, toi, en ce cas ? Celui de Sarkozy ? Bling ? Bling ? »

Et j’ai enchaîné en racontant Diogène, histoire de n’être pas monté à Annemasse pour rien. « Diogène le cynique… Tu connais Sinik, le rappeur ? Bon, eh ben son pseudo arrive de là-bas, des cyniques, les philosophes malpolis de l’antiquité grecque. Diogène était l’un d’eux. Il vivait dans un tonneau, avec une lanterne. Alexandre le Grand, l’empereur, l’homme le plus puissant du monde, encore plus puissant que Sarkozy aujourd’hui, hein, avait entendu parler de la sagesse de Diogène, et il s’était dit que, stratégiquement, ça ne ferait pas de mal, vis à vis des medias de l’époque, si on le voyait fréquenter cette haute figure intellectuelle. Un beau matin il se pointe, enfariné et casqué, devant le tonneau de Diogène : « ô Diogène ! Qu’est-ce que je peux faire pour t’être agréable ? Tu veux que je fasse surveiller ta maison de campagne en Corse ? Tu veux un bouclier fiscal pour protéger ton capital ? Tu veux un poste de ministre d’ouverture ? Demande-moi ce que tu voudras, ô Diogène, et je t’exaucerai, car je peux tout. » Diogène a répondu : « Ce que tu peux faire pour moi ? T’écarter un peu, tu me caches le soleil. » Eh ben ça, tu vois, c’est la vraie classe. Le vrai cynisme, très différent de celui des rappeurs, matérialiste, arriviste, du bon côté du manche et par conséquent incomparable, en termes de liberté, à la vie dans un tonneau (356000 euros d’impôts impayés pour Doc Gynéco ? Combien diable a-t-il sur son livret A, celui-ci ? Ouh, comme il doit la surveiller de près, lui, la crise boursière…). Bref ! J’aimerais bien, mais je sais que l’occasion ne se présentera pas parce que médiatiquement je ne suis rien, pouvoir dire un truc pareil à Sarkozy : barre-toi, t’es tout petit, mais tu me fais de l’ombre quand même ».

[Autre note de bas de page – il m’est arrivé aussi d’évoquer, mais face à des plus grands, des lycéens, un autre épisode intéressant de la vie de Diogène : ses masturbations en public (encore la masturbation ? c’est une manie ! Un TOC ! Faut consulter, mon vieux !)]

2) « Vous êtes pour quelle équipe de foot ?
– Heu… Alors là, je sais que je vais te décevoir, mais je ne suis pour aucune équipe de foot. Le foot, en lui-même, m’indiffère, mais en revanche, les foules des stades qui hurlent « Vive l’équipe n°1 ! On va leur exploser la gueule à ces saligauds de l’équipe n°2 ! » [Encore une note de BdP : ici, c’est la première scène de Voyage au bout de la nuit que je suis en train de plagier] me dégoûtent. Je ne vois rien de plus dangereux ni de plus bête que les communautarismes, et je crois bien que le communautarisme du foot est le pire de tous, comme une inquiétante répétition générale. » [NdBdP : Car je suis, croyez bien que je le regrette, incapable de croire au foot en tant qu’utile et consensuel divertissement, qui émancipe et purge et unit, comme on le voit souvent quand on évoque la banlieue, comme on le voit par exemple à la fin du film palmé évoqué plus haut…] Autant, avec Sarkozy et Diogène, j’avais réussi à interloquer mon interlocuteur, et presque le convaincre, autant sur la question du foot j’ai pu mesurer que je baissais dans son estime à vue d’œil…

3) « Ah, et je voulais vous demander aussi… (il éprouve soudain un petit peu de gêne à formuler correctement…) Est-ce que vous avez une origine ?
– Heu… Une origine ? Qu’est-ce que tu entends par là ? (Je fais l’innocent, j’ai parfaitement compris.) Tout le monde a une origine, puisque tout le monde a un père et une mère.
– Non, mais je veux dire… Une vraie origine, je sais pas… Italienne, par exemple ? Vous ne seriez pas un peu italien ?
– Alors là, bravo, tu m’épates. Oui, j’ai une origine. Mon grand-père était italien. »
Le sourire que cet aveu m’a valu !
Et ainsi, grâce à mon « origine », grâce à mon statut de petit-fils d’immigrés, j’ai regagné in extremis auprès de lui quelques points que ma charge contre le football (et contre le communautarisme, c’était bien la peine) m’avait fait perdre.

Au charbon

09/09/2008 un commentaire

(Chevalet du puits de Susville, mines de La Mure)

Les affaires reprennent. Voici l’agenda de mes apparitions publiques de l’automne 2008.

Dimanche 14 septembre : festival Essayages, Les Vans.

Samedi 20 septembre de 10 à 13h : librairie Murmure des mots, Brignais.

Samedi 4 octobre : célébration des 30 ans de la librairie La Dérive, Grenoble. 15h, séance de dédicace à la Dérive ; 17h30 rencontre à la bibliothèque du Centre-Ville (en duo avec Jeanne Benameur).

Vendredi 17 octobre, 19h30 : Librairie nouvelle, Voiron.

Vendredi 7 novembre, 19h30 : Médiathèque de Tarentaize, Saint-Etienne.

Samedi 8 novembre, 16h : Librairie les Croquelinottes, Saint-Etienne.

Samedi 22, dimanche 23 novembre : salon Objectif lire, Pont-de-claix, avec lecture musicale des Giètes avec Christophe S. en clôture, le samedi 22 à 18h30.

Dimanche 30 novembre : salon Livres en Marches, Les Marches.

Dimanche 7 décembre : Fête du livre jeunesse, Brangues.

Quant à ce blog, après 12 articles successifs, il cesse sagement d’être quotidien pour redevenir hebdomadaire, ou mensuel, ou sporadique, selon les nécessités de l’actualité et de mon bon plaisir. Annuel, même, si j’ai envie.