Gooooode Night, a-ding-ding-ding-ding-ding !
Dans un peu plus d’un mois je vais me retrouver sur le marché de l’emploi et cette expression, de même que ressources humaines et quelques autres, suffit à me donner un début de nausée.
À mon âge ! Pourquoi pas repasser le bac, tant qu’on y est ! Remarque, je préfèrerais. J’ai vu les sujets sur lesquels les lycéens ont planché mercredi dernier… J’aurais adoré me fumer les méninges sur Avons-nous la maîtrise de nos paroles ?, sujet essentiel et chaud-bouillant, à la fois psychologiquement (On ne parle jamais qu’avec les mots des autres, Lacan), socialement (que dit-on, certes, mais surtout que dit-on à qui ?), affectivement (comment avons-nous dit « Je t’aime » pour la première fois ? et pour la dernière fois ?), et bien sûr professionnellement, on y revient, en notre époque de verrouillage de la goddamn‘ communication par les experts certifiés.
Bref. Je m’apprête à errer tel un zombie, mains molles et brandies devant, sur les décombres du marché de l’emploi. Aussi, pour me donner du courage, je re-regarde deux courts-métrages « culte » (est-ce culte même si je suis le seul au monde à leur vouer un culte ?) sur ce jeu de dupe qu’est l’entretien d’embauche, où le candidat n’a aucune maîtrise réelle de sa parole :
* Offre d’emploi de Jean Eustache, film clairement partagé en deux parties. Dans la première on assiste aux démarches d’un candidat, de la petite annonce à l’entretien (scène glaçante de la salle d’attente où des chômeurs rivaux se regardent en silence) ; dans la seconde on découvre les coulisses : le candidat aura beau faire, mettre une cravate et choisir ses mots, il sera jugé de façon totalement irrationnelle, par une graphologue et un directeur qui ne le rencontrent même pas – le film date de 1980 mais il était précurseur, certes entre temps la graphologue n’existe plus (on n’écrit plus à la main nos lettres curieusement dites de « motivation » ), elle a été remplacée par d’autres méthodes toujours plus aberrantes, impitoyables et inhumaines, dont bien sûr l’Intelligence Artificielle, notre ultime juge, invisible.
* et surtout l’insurpassable sketch Job interview des Monty Python (Flying Circus, saison 1, épisode 5, Man’s Crisis of Identity in the Latter Half of the 20th Century) qui possède une évidente valeur documentaire, un vrai tutoriel :
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