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Profession : assistante en jupon

La fine équipe de MusTraDem, soit Marie Mazille en Blanche-Neige entourée de sept nains dont je suis le Joyeux Simplet, infuse pour trois ans en résidence à Annemasse, Haute-Savoie (le projet s’appelle In Situ Babel). À l’instant nous revenons d’une exaltante et éreintante semaine de l’improvisation durant laquelle nous avons mis le Conservatoire de musique sens dessus dessous. J’ai pour ma part co-animé avec l’inépuisable Marie moult ateliers « création de chansons » auprès des publics les plus divers, depuis les marmots de trois ans jusqu’aux professeurs les plus chenus. Tous repartent avec leur chanson dans les oreilles et le sourire juste en-dessous comme un nœud papillon.

Car depuis une paire d’années j’ai fantaisie et plaisir à écrire, à faire écrire, des chansons. Bien sûr il y a le cas Vos gueules (musique Norbert Pignol, voix Leïla Badri) chanson acrobatique et engagée, techniquement compliquée, fignolée sans relâche sur le motif, pour laquelle j’ai transpiré trois mois. Mais le plus souvent écrire une chanson aux côtés de Marie ne ressemble pas du tout à ça. C’est même le contraire : une décharge d’énergie joyeuse et immédiate, un triple-saut plutôt qu’un marathon, la chanson existe dans l’air au bout d’un quart d’heure et tout le monde est content. Échantillon : C’est parti, chanson que nous avons composée avec les mots fournis par les jeunes écoliers d’Annemasse pour nous consoler tous ensemble de la rentrée scolaire (Marie à la voix et à la nyckelharpa, Patrick Reboud à l’accordéon, et des masses de marmots dans les chœurs). Résultat, un tube instantané et un marronnier pour tous les septembres qu’il reste au monde.

Allez, je peux bien vous révéler un secret, vous le garderez pour vous. Au sein de notre duo, 75% du boulot est accompli par Marie. Jonglant avec trois mots, le cerveau en roue libre et l’un de ses instruments sur les genoux, elle pond des chansons comme elle respire. À côté d’elle je fais figure de laborieux, empêtré loin derrière, je réfléchis, je cherche encore une meilleure rime dans le refrain pendant que Marie achève le cinquième couplet tout en harmonisant une seconde voix. Au fond, je me fais l’effet de l’assistante en jupette d’un magicien. Je bouge mon popotin sur la scène, je tends les accessoires, je suis prêt volontiers à me faire découper pour de faux et à jaillir de la boîte, et je lève les bras au bon moment pour indiquer au public quand il faut applaudir, mais ce n’est pas moi qui réalise le tour de magie. Bah, il n’y a pas de sot métier, je la porte très bien la jupette et en plus j’adore les spectacles de magie.

Tout ça pour vous dire : si vous avez envie d’assister à nos tours, mais surtout si vous avez envie de travailler avec nous deux sur votre propre répertoire de chansons, je crois qu’il reste une ou deux places dans le stage que nous proposons à Bourgoin-Jallieu du 19 au 25 avril prochain, aux bons soins de Mydriase.

  1. Christophe Sacchettini
    16/02/2020 à 21:37 | #1

    Vive la presse libre et indépendante !

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