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Mot clé : ‘marilyne mangione’

Tu m’as fait peur

08/07/2016 Aucun commentaire

Le mardi 28 juin 2016 avait lieu l’ultime représentation des spectacles Fais-moi peur que j’ai eu le phénoménal plaisir de conduire depuis sept ans avec Olivier Destéphany, Christine Antoine et quelques autres. Vous n’y étiez pas, je crois ? Je vous ai cherché, je ne vous ai pas vu. Tant pis pour vous. Ci-dessous faute de présence réelle, un peu de numérique : quelques clichés souvenirs saisis par Jean-Claude Durand, grâces démoniaques lui soient rendues. Contient des traces samplées d’oeuvres de JP Blanpain, Marilyne Mangione, Romain Sénéchal, Johann Heinrich Füssli et Louis-Léopold Boilly.

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Diabolus in musica

28/05/2016 un commentaire

AFFICHE-fais moi peur 2016

Oyez oyez braves gens, et vous aussi, bande de gougnafiers galapiats et gredins, parce qu’on est comme ça, nous, on s’adresse à tous, on ne vous trie pas en fonction de vos mérites, on veut pas savoir si vous êtes braves ou non.

Le 28 juin 2016 à 20h, à l’espace culturel l’Odyssée, Eybens (38) sera donnée la sixième « saison » de Fais-moi peur, cycle de spectacles-qui-font-peur-aux-oreilles que je conçois depuis 2008 avec mon compère Olivier Destéphany. La cinquième édition, souvenez-vous, était à forte teneur en vironsussi ; la sixième mouture s’intitule « Saison 666 : Diabolus in musica » et invoque comme de juste le Prince des Enfers himself.

Comme d’habitude, Olivier a composé la musique (à un seul morceau près, elle sera originale, et gorgée de quartes augmentées), je jouerai tous les rôles avec ma grosse voix, et l’orchestre à cordes mêlant amateurs et professionnels sera dirigé d’une main ferme mais sûre par Christine Antoine ; pas comme d’habitude, nous bénéficierons de la participation exceptionnelle du choeur Vox Clamans (car, notre histoire impliquant des voix humaines, je me suis fait un malin (uh uh) plaisir d’écrire une messe satanique en latin de cuisine) ainsi que des élèves de l’école de danse, sous la direction d’Erasmia Kapous (car en outre, nos rituels démoniaques nécessitent quelques chorégraphies infernales bien senties… Nous escomptions également, je vous ai déjà expliqué  le processus de création avec Olivier, comment on se monte le bourrichon, sacrifier une vierge ou deux durant le bouquet final, hélas ! le pompier de service a posé son véto, soit-disant que les rivières de sang attaquent le vernis du plancher et gnougnougnou et gnagnagna c’est toujours pareil avec les pompiers, leurs intraitables normes de sécurité brident la créativité des artistes et s’assoient sur des traditions millénaires). Nous serons donc très nombreux sur scène. J’espère que vous serez plus nombreux encore dans la salle. Mais l’on n’est jamais sûr d’attirer les foules : un spectacle gratuit, ça n’inspire pas trop confiance. Ah oui au fait, c’est gratuit.

Autres guest-stars spéciales et extraordinaires de ce spectacle décidément total, nous aurons la joie de projeter sur grand écran trois oeuvres spécialement crées pour se fondre dans l’intrigue par trois artistes amis, trois auteurs (on peut le dire) publiés au Fond du tiroir, que nous avons fait plancher sur un sujet commun : Marilyne Mangione, Jean-Pierre Blanpain et Romain Sénéchal. Il a fallu, et c’était dur, choisir parmi leurs trois créations celle qui ornerait l’affiche du spectacle (ci-dessus), et c’est la peinture de Jean-Pierre qui a décroché la timbale.

Sous ce lien, une interview d’Olivier et moi-même par Jean Avezou dans son émission « Les rendez-vous culturels » sur RCF. Oui, RCF : nous prenons gentiment plaisir à invoquer le diable sur le réseau des Radios Chrétiennes Francophone. Attention, amis musiciens, repérez un gros raté durant l’enregistrement de l’interview : ce que nous présentons comme une quarte augmentée diabolique n’est en réalité qu’une banale tierce majeure. On se demande si nous ne l’avons pas fait exprès. Peut-être n’est-ce pas un lapsus, finalement. Nous aurons volontairement esquivé l’appel du diable à l’antenne bénitière.

Cette 6e saison sera, selon toute vraisemblance, la dernière. C’est comme ça. J’arrête tout en ce moment. J’arrête le Fond du tiroir. J’arrête de jouer à l’éditeur. J’arrête mon travail salarié, je veux dire que j’arrête à la fois mon travail et mon salaire (au 16 juillet je serai un héros sans emploi). Il ne me restera plus qu’à commencer d’autres choses. Qui verra saura qu’il vivra. Et en route fera péter du Faulkner :

 « Dommage qu’il y ait autant de travail dans le monde. Une des choses les plus tristes, c’est que la seule chose qu’un homme puisse faire huit heures par jour, jour après jour, c’est travailler. On ne peut pas manger huit heures par jour ni boire huit heures par jour, ni faire l’amour huit heures par jour – tout ce que vous pouvez faire pendant huit heures, c’est travailler. Ce qui est la raison pour laquelle l’homme se rend et rend tout le monde misérable et malheureux. » William Faulkner, interviewé par la Paris Review, 1956.

Une bonne et une mauvaise nouvelle

11/10/2015 10 commentaires

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Messieurs dames, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle.
La bonne ? Il pleut pas dehors.
La mauvaise ? Je ferme.
Loïc Lantoine, Je ferme

Le onzième et dernier livre inscrit au catalogue du Fond du tiroir a paru voici un an. Comme le précédent, comme d’autres avant lui, il a échoué à atteindre son seuil de rentabilité. Il s’en est fallu de peu, quelques dizaines de ventes ont manqué. Lors de sa création en 2008, le Fond du tiroir avait pour ambition commerciale de vendre juste assez de livres pour être en mesure de fabriquer le suivant. Ce plan ne s’est jamais vraiment concrétisé. J’ai cependant, à chaque fois, remis à flot les phynances et fabriqué le suivant. Longtemps je me suis entêté, sept ans ce n’est pas si mal, la durée d’un cycle dit-on, pour ce que ça veut dire ce qu’on dit, d’un cycle de sept ans en tout cas (comme dans L’homme à la peau d’ours par exemple)… Mais avec l’usure et la patine vient le temps du pragmatisme : no client, no business. Je jette l’éponge à dettes, fin de l’aventure, il n’y aura pas de douzième livre. Pourtant je savais ce qu’il aurait pu être (un livre tout en alexandrins, idéal pour une 12e référence, entamé depuis lurette). On ferme.

Merci infiniment à celles et ceux qui en sept ans auront acheté un ou plusieurs livres arborant le beau tiroir-qui-vole dessiné par Son Éminence le Factotum Plénipotentiaire. Gros bisous aux quelques un(e)s qui auront acheté les onze. Chers amis, je connais chacun de vous par son nom et prénom, finalement nous étions entre nous, tant pis, tant mieux, l’entre-soi est un confort et une malédiction. Mais c’était chouette, non ?

Merci encore plus fort et tonitruant à mes compagnons de jeu. Une dernière synchronicité pour la route : à l’heure de mettre la clef sous la porte je tombe en feuilletant les Inrocks sur cette citation de Deleuze, « Seule l’équipe peut nous protéger de l’imbécilité » .

Non-rien-de-rien-je-ne-regrette, et certainement pas d’avoir croisé vos personnes et vos talents : Patrick Villecourt, Marilyne Mangione, Philippe Coudray, Hervé Bougel, Georges Perec (†), Jean-Pierre Blanpain, Muriel Truchet, Olivier Destéphany, Romain Sénéchal, Norbert Pignol, Jessica DeBoisat. Sans oublier le Webmestre masqué ni Madame la Présidente (♥). Sept belles années dans le tiroir grâce à vous, sept années de vagues et de creux mais sept années de création, de liberté chérie déclinée en onze expériences, onze rêves fous et farfelus et amoureux, devenus par miracle onze titres, onze volumes, onze prototypes dont aucun ne ressemble aux dix autres, onze livres prévus de longue date ou bien tombés du ciel in extremis, sans compter ceux qu’on avait dit qu’on ferait dès le début, qui ne sont jamais venus mais qui sont presque aussi beaux que les onze réalisés. Ah oui, c’était chouette. 

Jusqu’à avis contraire (le renouvellement ou non-renouvellement du bail de ce blog aura lieu au printemps prochain), les sept années d’archives empilées ci-dessous restent en ligne. Ainsi que le bon de commande à télécharger et imprimer : il n’est pas trop tard pour nous commander quelques livres. Votre chèque ne servira pas à fabriquer le suivant, juste à éponger quelques dettes, ce sera déjà bien.

Peace and love. Enfin… Faites de votre mieux.

Les livres distribués par le Fond du tiroir

25/10/2013 Aucun commentaire

Les douze livres publiés (ou, pour deux d’entre eux, seulement distribués) par la maison, sont énumérés sur cette page dans leur ordre chronologique de parution.

Les bons de commandes originaux en lien sous chaque couverture de livre sont donnés uniquement pour mémoire, et parce qu’ils font rire certaines personnes, mais leur validité est bien sûr échue (et puisqu’il y a prescription, je consens à avouer que le verbiage massif qui accompagnait les premiers formulaires était directement inspiré des désopilants paratextes accompagnant les numéros de l’ACME Novelty Library de Chris Ware).

Pour acquérir les douze merveilles ci-dessous en 2018, et non en 2006 ou en 09, rendez-vous au bon de commande courant.

Voulez-vous effacer/archiver ces messages ? ed. Castells, 2006, 18 €. Recueil de nouvelles. Préhistoire et archéologie du Fond du tiroir. Première collaboration avec Patrick Villecourt. Détails ici.

 

* L’échoppe enténébrée, 2008, 13 €. Premier livre officiel du FdT. On avait d’abord l’intention de le faire bleu avec des coins arrondis. Finalement il est rouge et anguleux. Attention : si vous souhaitez vous le procurer, contactez-nous pour qu’on vous file un PDF, parce qu’il est définitivement épuisé. Bon de commande original ici.

* Le Flux, 2008, 3 € (gratuit pour les natifs de l’année 1969 – sur justificatif, hein). Livre beaucoup plus offert que vendu. Tirage initial 365 ex. épuisé. Retirage en 2013 d’une poignée d’exemplaires, avec le marque-page en moins mais une épigraphe en plus. Bon de commande original ici.

* ABC Mademoiselle, avec Marilyne Mangione, 2009, 20 €. Lui aussi commence à se faire rare. Bon de souscription original ici.

 

* J’ai inauguré IKEA, avec Patrick Villecourt, 2009, 4 €. Best-seller de la maison (tout est relatif). Bon de commande 2009 ici.

 

* La Mèche, illustrations Philippe Coudray, 2010, 12 €. Premier livre jeunesse du FdT. Réédition sous une nouvelle couverture d’un livre précédemment paru aux éditions Castells. Bon de souscription original ici. Bon de commande 2010 ici.

 

* Dr Haricot, de la Faculté de Médecine de Paris, ed. pré#carré, 2011, 6 €. (quasi-introuvable, mais on peut aussi tenter de frapper à la porte de l’éditeur, pour lui demander poliment s’il lui en reste.) Bon de souscription original ici.

* Ce qui stimule ma racontouze, Georges Perec, préf. Fabrice Vigne et Hervé Bougel, co-édition pré#carré/Le Fond du tiroir, 2011, 8 €. Livre non-distribué en librairie, pour respecter la demande des éditions Joseph K. Bon de souscription original ici.

 

* Lonesome George, avec Jean-Pierre Blanpain, 2012, 9 €. Bon de souscription original ici.

 

* Double tranchant, avec Jean-Pierre Blanpain, 2012, 17 €. Le plus beau livre du FdT. Mais ce n’est que mon avis et je ne suis que l’auteur, c’est Jean-Pierre qui a fait l’essentiel. Bon de souscription original ici.

 

Couverture

* Vironsussi, livre-CD co-écrit par Olivier Destéphany, illustré par Romain Sénéchal. Décembre 2014, 25 €. Ceci n’est pas la vraie couverture mais un leurre : nous avions créé un petit suspense autour de la couleur définitive. Bon de souscription original ici.

 

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* Reconnaissances de dettes, archéo-mémento et chant du cygne, premier et dernier travail du Fond du tiroir, après ça on écrase une larmichette et on ferme. Parution juin 2016, 381 p., 20 €, tirage 50 exemplaires seulement. Pas non plus la vraie couverture mais l’un des premiers essais… Bon de souscription original ici.

Lonesome Djowdje in New York

19/04/2013 3 commentaires

Avertissement : la phrase qui suit est outrageusement-archi-ultra-hyper-trop snob.

Figurez-vous que l’amie d’une amie expose dans une galerie new-yorkaise, la galerie Slag, en plein Brooklyn, vous voyez où je veux dire ? Son expo débute aujourd’hui même, malheureusement j’ai un empêchement pour le vernissage, le CA de copropriété tombe pile en même temps, c’est ballot, si vous y allez n’oubliez pas de l’embrasser de ma part.

Elle s’appelle Molly Stevens, je ne la connais pas, mais nous avons deux amis communs tellement le monde est petit : Marilyne Mangione, qui m’a transmis l’info, et Lonesome George, le malheureux pépère chélonien, inspiration et titre de son travail, comme du mien.

Aménagement du territoire

08/03/2013 Aucun commentaire

(L’aimable illustration ci-dessus est sans lien avec ce qui suit. C’est juste qu’entre temps le 8 mars nous tombe dessus, et que je souhaite contribuer, ne serait-ce que d’un geste, à la Journée de la femme.)

Madame, monsieur, chers administrés.

C’est dans un contexte de crise partout-partout, tel qu’il touche aujourd’hui chacune et chacun, qu’il nous revient d’aller de l’avant avec détermination. Aussi, dans le cadre d’un partenariat programmé de territorialisation des axes prioritaires, favorisant la mise en valeur des talents et aspirations légitimes des populations rurales, et du projet innovant de démocratisation participative doublé du développement citoyen, impactant fortement le réseau social riche de ses différences en dépit d’implications accusant de fortes disparités régionales, MAIS, naturellement, sans la moindre langue de bois, que le Fond du tiroir s’est brusquement souvenu qu’il habitait quelque part. Il a donc décidé qu’il s’ancrerait dans la proximité, et qu’il tiendrait stand lors de la prochaine fête de son village, dite Foire aux escargots, le samedi 16 mars prochain.

Charabia de côté, la perspective est plaisante : un stand juste à côté de chez moi. Comme si je changeais seulement de pièce. J’irai à pied, tiens, empreinte carbone zéro, simplement muni de ma valise à roulettes chargée de livres. J’espère qu’il fera beau. Je siffloterai sur le chemin, transportant, pieds ailés, le fruit de mon petit artisanat. J’aurai aussi fière allure que, je ne sais pas, mettons, me vient une autre image épique et poétique de l’aménagement du territoire culturel, un bibliothécaire dans une pirogue.

D’après le programme, je ferai stand commun avec Stéphane Girel, illustrateur invité par la bibliothèque. Je ne connais point l’homme, mais j’apprécie de longue date les livres, notamment ceux qu’il a faits avec Rascal.

Et dans le même mouvement, pour mieux faire connaissance avec les autochtones, le journal local intitulé Le Bruyant m’a commandé un petit texte de présentation de la singulière association loi-1901 sise sur la commune, Le Fond du tiroir, et de ses activités. J’ai écrit ceci, qui ne devrait être pour vous qu’un résumé des épisodes précédents :

J’ai publié mon premier livre en 2003 (TS, éditions l’Ampoule).
Ont suivi quelques autres titres ici et là (Jean Premier le Posthume ed. Magnier 2005, Voulez-vous effacer/archiver ces messages ed. Castells 2006…).
Le tournant a été Les Giètes (ed. Magnier, 2007), photoroman écrit à partir de photos d’Anne Rehbinder, qui a connu un certain retentissement. Il a reçu le prix Rhône-Alpes du livre jeunesse 2008, et cette reconnaissance a eu au moins deux conséquences : primo les projecteurs braqués sur mon roman m’ont donné envie de le faire vivre autrement, et je me suis lancé dans le spectacle vivant, avec un ami musicien, Christophe Sacchettini. Depuis tantôt cinq ans nous tournons le spectacle adapté du roman, et je me suis entre temps diversifié en donnant des lectures, musicales ou non, de divers autres de mes textes.
Secundo, le fameux Prix Rhône-Alpes du livre était doté d’une forte somme, que j’ai décidé d’engloutir en 2008 dans la création d’une maison d’édition associative, au sein de laquelle je publierais ce que bon me semble, comme bon me semble. Depuis, ce terrain de jeu nommé Le Fond du tiroir et doublé d’un blog du même nom, est presque devenu mon unique éditeur (dix titres actuellement au catalogue, soit deux parutions par an).
Même si le Fond du tiroir est un projet très personnel avant tout destiné à donner forme à mes propres textes, il est loin d’être autiste : il est avant tout un lieu de rencontres où je m’épanouis dans le jeu et la collaboration avec diverses personnalités choisies, qu’elles soient poète et éditeur (Hervé Bougel), photographe et graphiste (Patrick Villecourt), dessinateur de bande dessinée (Philippe Coudray), artiste-graveuse (Marilyne Mangione), ou illustrateur tout-terrain (Jean-Pierre Blanpain, pour les deux derniers livres parus en 2012 : « Double tranchant » et « Lonesome George »).
Mon projet en cours : un roman d’épouvante intitulé Vironsussi qui est aussi un spectacle, réalisé en compagnie du musicien Olivier Destéphany et du dessinateur Romain Sénéchal.

Sexe et violence

13/01/2013 Aucun commentaire

2013, retour aux fondamentaux : sexe et violence pour tout le monde, c’est ma tournée ! Pour mes deux premières apparitions publiques de l’année, je donnerai ici dans l’érotisme, et là dans le gore.

Sexe : le vendredi 25 janvier à 19h, j’inaugurerai le cycle Lectures clandestines au Lys noir, 1 rue des Clercs à Grenoble, où je procèderai à la lecture d’ABC Mademoiselle avec mademoiselle (il est désormais défendu de dire « mademoiselle » paraît-il, je m’en fous, j’aime ce mot, j’en ai même fait le titre d’un livre, alors je continuerai à m’en servir) Marilyne Mangione, qui expose pour l’occasion les originaux de l’ouvrage sur les murs de ladite échoppe. Dans la foulée je lirai, je crois, des poèmes et proses de mon érotomane préféré, Pierre Louÿs, que je puiserai dans des livres admirables et précieux tels que Les Chansons de Bilitis, Trois filles de leur mère, Douze douzains de dialogues, Manuel de civilité pour les petites filles et même, pour finir, car dans un coït le crescendo fait tout, l’hallucinant Pybrac. Ceci avec la complicité de mademoiselle Vanessa Curton et de mademoiselle Nathalie Tjernberg, et l’amicale participation du comédien Eric Trung Nguyen. Réservations au 06 10 02 67 57.

Violence : le mardi 19 février à 20h dans l’auditorium l’Odyssée d’Eybens, mon camarade et maître Olivier Destephany et moi-même exécuterons sauvagement la lecture musicale de Fais-moi peur saison 3, Du sang sur l’archet, avec le soutien de l’orchestre à cordes Les Aventuriers de l’archet perdu (direction Christine Antoine). Ou l’histoire sanguinolente mais bien sentie d’un pauvre contrebassiste qui se transforme en loup-garou en pleine représentation du Requiem de Mozart, mésaventure qui hélas arrive tous les jours, on ne le sait pas assez. L’affiche dans le plus pur style films-de-la-Hammer ci-dessus est signée Romain Sénéchal, avec qui je n’ai pas fini de travailler.

Je précise que ces deux happenings seront à entrée libre et but non lucratif. J’avais initialement songé à faire de 2013 l’année Sexe, violence et pognon, mais finalement c’eût été abuser de démagogie, le sexe et la violence sont encore meilleurs s’il s’agit d’actes gratuits, venez donc nombreux et sans votre carnet de chèques. Sauf si vous tenez à acheter des livres, bien sûr.

Dr Haricot, de la faculté de médecine de Paris

18/01/2011 2 commentaires

C’est peu dire que j’aime les éditions du Pré#Carré (« Visitez leur blog ! Il est très intéressant ! »). J’aime les gens têtus, d’abord. Ceux qui façonnent leur propre liberté et tant-pis-pour-leur-gueule, ensuite. Ceux qui oeuvrent pour rendre le monde un peu moins tarte, enfin. Le gars Hervé Bougel est de ces trois catégories. Écrivain tourmenté et cependant rigolo (je recommande chaleureusement ses Pommarins, édités aux Carnets du dessert de lune), il est aussi depuis une quinzaine d’années cet éditeur de poésie farouchement indépendant et autocratiquement exigeant, qui imprime, coud et couvre à la main ses petites plaquettes chéries. Mon genre de beauté.

Entre le Fond du Tiroir et le Pré#Carré existent non seulement de solides liens de camaraderie et de fraternité (dans certains milieux interlopes, on nous surnomme « la rhubarbe » et « le séné », je vous laisse extrapoler qui est quoi), mais également des livres, nés de nos complicités. Deux opus du FdT sont ainsi fortement redevables à leur glorieux aîné. Le saviez-vous ? Le Flux fut d’abord conçu pour être publié dans un ouvrage collectif (jamais achevé) du Pré#Carré, tandis qu’ABC Mademoiselle n’existe que parce qu’Hervé eut le bon goût de me présenter mademoiselle Marilyne Mangione.

Depuis longtemps, je rêvais de publier un petit quelque chose au Pré#Carré (certains se fantasment chez Gallimard ou au Seuil, chacun son truc). C’est chose faite, dans la série « Un pas à la fois » qui, selon la présentation de l’éditeur, est « une collection de lettres adressées par des auteurs à d’autres auteurs, sous un format enveloppe. Imprimées sur papier ivoire, reliées par un brin de rafia, elles sont proposées dans une enveloppe de couleur.»

Hervé me propose un beau jour : « Si tu devais écrire une lettre à un écrivain que tu admires, ce serait à qui ? »

Ce serait au Dr haricot, bien sûr. Ceux qui ne voient pas de qui je parle n’ont pas lu D’un château l’autre, et tant pis pour eux.

L’élégante épître intitulée Dr Haricot, de la faculté de médecine de Paris, en souscription sous ce lien, paraîtra sous pli discret au mois de mars.

Rien à voir, mais le flux d’informations est tel qu’on mélange fatalement carpe et lapin. Bon appétit ! L’actualité du monde étant globalement sinistre, je me fais un devoir de relayer sur mon blog au moins une bonne nouvelle.

Baw-waw !

18/03/2010 3 commentaires

Le salon du livre de Montreuil, capitale symbolique de la littérature de jeunesse en France, est en danger. Oh, pas le salon lui-même, qui, en tant qu’évènement commercial, en tant que foire-à-tout et à Martine, ne peut que perdurer en notre monde où la relation marchande devient la norme du lien social. Ce qui risque de disparaître, ce sont toutes les opérations qui entourent et donnent leur sens humain à ce salon – le travail des petites mains de Seine-Saint-Denis, qui depuis 25 ans fabriquent du lien entre les livres et les enfants. Pourquoi cet essentiel travail de fond est-il remis en question ? Parce que le Conseil Général du Neuf-Trois (de gauche, s’il vous plaît) coupe les vivres. Dans le même temps très exactement, Claude Bartolone, président dudit Conseil Général, pousse des cris indignés, et sans doute de bonne foi, pour alerter sur « la culture en danger ». Comme quoi ça ne serait pas sa faute, mais celle du gouvernement, qui sabre les finances des collectivités territoriales tout en leur déléguant davantage de compétences. Tiens, ça me rappelle un livre pour enfants, c’est dire si la littérature jeunesse nous donne des outils pour déchiffrer les enjeux de pouvoir…  Nous ne sommes pas dans le monde éthéré des purs esprits de la culture, mais dans celui, âpre et trivialement combattif, de la politique, sèn-sèn-dni-staïleDe la bombe, bébé.

J’ai posté un petit message de soutien sur le site « Le pouvoir des livres », dédié à la défense et à l’illustration de l’oeuvre de Montreuil et, ce faisant, j’ai parcouru les autres contributions. Je suis tombé en arrêt devant le dessin offert par Mario Ramos, que je reproduis ci-dessus… Au fond, c’est ce dessin que je voulais aujourd’hui placer devant vos yeux, relayer ici les misères de Montreuil n’étant qu’un beau prétexte (même si soutenir le salon ne peut pas faire de mal). J’admire énormément Mario Ramos, et je tiens son Quand j’étais petit pour l’un des plus beaux livres jeunesse du monde (par conséquent, l’un des plus beaux livres du monde).

Et ce dessin-là, quelle merveille ! Quelle simplicité, quelle profondeur ! Tout est dit là, que je vais cependant paraphraser, et mon exégèse sera forcément plus laborieuse qu’un trait de plume : la littérature sert à ceci, très exactement ceci, à ce qu’un chat puisse pleurer en lisant l’histoire d’un chien, puisque celui-ci et celui-là ont en commun, au-delà de toutes leurs différences, leur condition d’êtres humains (sic). Comme je l’ai raconté ailleurs, je me sens tel un chat qui aboie – je ne pouvais que me sentir viscéralement atteint par ce dessin. J’en ronronne et jappe.

Post-scriptum éphémère posé sur l’actualité : les trois prochains jours, le Fond du Tiroir (c’est à dire essentiellement moi-même, suppléé sur certaines plages par Madame la présidente de l’association FdT, et par Marilyne Mangione) tiendra dignement son stand sur un autre salon, le Printemps du livre de Grenoble, dont le visuel est éhontément pompé sur Impitoyable d’Eastwood mais sinon c’est bien.

De l’énergie pour votre pénis (Le retour du roi de la réclame)

04/07/2009 3 commentaires


Ici, c'est M. Sébastien Joanniez qui fait son show au paradis des chaises longues, et on aperçoit Melle Marilyne Mangione assise au premier rang


Comment occuper l’été qui s’installe et dedans et dehors ?

Comme justement cette question me taraudait, à point nommé je recevais un mail provenant d’un ami, enfin, un ami, disons une lointaine connaissance, pour être franc je ne me souviens plus exactement de lui, heureusement que son mail est signé, « Benoît », il ne met pas son nom de famille, c’est dire si nous sommes intimes, ça va me revenir d’une seconde à l’autre, d’où le connais-je, en tout cas il est très sympa Benoît, bon vivant mais relax, bonne franquette, un parfum de vacances d’été déjà, sacré Benoît, ah ah, son mail s’intitule « Pour la plage », et je vous en fais profiter bien volontiers :

Bonjour,
Ca va etre le moment d'aller a la plage
et de faire des rencontres.
Comme tu le sais les filles vont te regarder
et voir de suite comment tu es "membré"
Alors fais une bonne impression de suite avec
http://lescalbutsquidebordent.com et tu verras
de suite la difference dans leurs regards.
Crois-moi, ton taux de reussite va etre accentue de suite.
Benoit

Je n’arrive pas à mettre un visage sur son prénom, c’est énervant. Benoît, Benoît, tu es une énigme pour moi ! Cette évocation des plages, des filles… Est-ce là l’un de nos souvenirs communs ? Je me souviens vaguement d’un type, à Palavas-les-Flots, en 1997… S’appelait-il Benoît ?

Je ne sais trop quoi lui rétorquer, je ne voudrais pas commettre un impair. Je compose alors une réponse sur un ton que j’espère cordial, tout en dissimulant diplomatiquement, afin de ne le point froisser, que je ne le remets pas du tout  :

« Cher Benoît, merci pour ton précieux conseil, que je ne manquerai pas de suivre. C’est tellement vrai, nous sommes jugés avant tout sur la façon dont nous sommes membrés ! On sent que tu as roulé ta bosse et que tu connais la vie ! En échange, je te donne à mon tour un bon tuyau d’été : si tu ne sais pas quoi faire en juillet, je te recommande de surveiller la programmation du Cabaret frappé de Grenoble, et particulièrement celle des lectures à la roseraie. Figure-toi que, dans ce cadre, je donnerai mon spectacle adapté des Giètes, le mercredi 22 juillet, à 20 heures, dans le jardin de ville de Grenoble. J’avais prévenu Carine d’Inca (j’espère que tu connais Carine ? si tu la croises sur la plage, ne manque pas de bomber le slip et de la saluer) que notre spectacle, dans sa formule complète, durait 1h15 et aurait donc du mal à s’insérer dans la case  « roseraie  » où les prestations sont priées de ne point dépasser 45 mns, mais Carine nous a aimablement autorisés à pulvériser le créneau tout à notre aise, quitte à décaler le reste de la soirée, imagine un peu l’honneur qu’elle nous fait ! J’espère que je te verrai à cette occasion, (ça me fera plaisir, depuis le temps… combien de temps, au fait ?), et je te présenterai mon camarade Christophe Sacchettini.
A bientôt cher Benoît, porte-toi bien ! que ce soit à droite ou à gauche ! Ah, moi aussi j’aime la rigolade !
Fabrice
»

(Bon sang, mais d’où est-ce que je le connais, ce Benoît ? Cet ami oublié ? Quelle honte, quel ingrat je fais… Mais un doute me pénètre insidieusement… « Benoît  » n’est… tout de même pas… un « spam  » ? Je n’ose l’envisager ! Un message aussi chaleureux et personnalisé qui masquerait un pourriel ? ce serait abuser de la crédulité, et du besoin de tendresse, et du fantasme de membritude ! Du reste, on ne me la fait pas, je m’y connais, en spam… Spécial archives : le 4 juillet 2006, il y a trois ans jour pour jour, j’étais jeune et bien membré, c’était le bon temps, je n’avais pas de blog, j’avais annoncé à la cantonade ma précédente prestation en cette même roseraie par le spam que voici. Où l’on constatera que mon sens de l’humour ne s’amende pas tellement avec l’âge.)